Dre Vicki Harber : Pourquoi vos enfants ont besoin de la nature

juin 1, 2012 Aucun commentaire »
Dre Vicki Harber : Pourquoi vos enfants ont besoin de la nature
Voulez-vous que votre enfant se dote du savoir-faire physique? Dre Vicki Harber nous exhorte à écouter l’appel de la nature.

Professeure d’éducation physique et récréative à l’Université d’Alberta, Dre Harber est une éminente chercheuse canadienne dans le domaine du savoir-faire physique. Elle affirme que le plein air joue un rôle prépondérant dans le développement du savoir-faire physique de nos enfants.

Actif pour la vie a récemment interrogé Dre Harber pour nous éclairer sur le rôle que la nature joue dans le développement des enfants, les problèmes de l’hyper parentage et sur la façon de reconnecter nos enfants avec le monde naturel.

1. On entend plus parler de concepts tels que ‘troubles déficitaires de la nature’ et comment les enfants doivent connecter avec la nature pour leur bon développement.  Qu’est-ce qui rend la nature aussi importante pour nos enfants?

Pour commencer, ça remonte à l’élément fondamental du savoir-faire physique. C’est initier les enfants à une variété d’environnements stimulants favorisant des activités pour leur développement sain, physique, mental, cognitif et émotionnel.

2. Comment la nature améliore-t-elle le savoir-faire physique?

Un nombre croissant d’études démontrent qu’elle apporte d’énormes avantages. Nous savons par exemple que si les enfants jouent dans la nature, ils ont de meilleures notes à l’école, une meilleure concentration, de meilleures fonctions cognitives et une meilleure créativité.

Des études ont aussi comparé les effets sur les enfants qui jouent en plein air et ceux qui jouent à l’intérieur. Les enfants qui jouent à l’extérieur subissent moins de stress, ont un comportement moins agressif et sont plus heureux que les enfants qui jouent à l’intérieur.

Par rapport à la nature et au plein air, développer le savoir-faire physique est comme abandonner les murs de la classe. C’est laisser nos enfants parcourir le monde pour expérimenter et explorer les aléas de la nature. C’est la clé de leur apprentissage.

3. Qu’y a-t-il de différent dans la nature?

Le plein air est en général un mouvement impromptu et un environnement sensoriel, surtout si vous vous allez d’arbre en arbre dans la forêt, ou lorsque le terrain est moins régulier et prévisible.

Lorsque les enfants ont la permission de bouger dans ces environnements et les explorer, cela augmente un bon nombre de leurs habiletés requises pour développer le savoir-faire physique. Cela contribue aussi à la résistance physique à un très jeune âge.

4. Beaucoup de parents d’aujourd’hui ont grandi dans et autour de la nature. Est-ce vraiment différent pour nos enfants aujourd’hui?

Si nous observons les enfants âgés de 6 à 14 ans, nous savons qu’ils ont un surplus de poids, que leur niveau d’activités est incroyablement bas et qu’ils sont rivés aux médias tels les ordinateurs, la télévision et les jeux vidéos.

Et lorsque nous observons les parents, nous percevons des parents poules qui élèvent leurs enfants dans un cocon, qui créent des environnements hyper désinfectés dans le but de ‘sécuriser’ leur enfant.

La tendance parentale de ces dernières années est de tenir nos enfants à l’abri des problèmes. Nous ne les laissons pas se démener à l’école et nous ne les laissons pas lutter physiquement. Cela inclut être dans la nature, où les choses sont imprévisibles et où il est difficile d’éviter un genou éraflé ou de se salir un peu.

Notre société est devenue intolérante à la perspective d’échec ou d’imperfection, et tout ce qui est accompli moins bien que parfaitement est dévalué. Mais être dans la nature et explorer l’extérieur ne devrait pas être évalué comme un ‘succès’ ou un ‘échec’.

5. Que dit l’étude sur les effets de la nature sur le développement de l’enfant? Scolarisation? Bien être de la société?

La documentation insiste sur l’importance d’avoir beaucoup d’espaces ouverts. Nous savons que lorsque les enfants ont le droit de sortir, ils bougent plus et leurs mouvements sont plus intenses. Ils participent alors à beaucoup plus d’activités de modérées à vigoureuses de leur propre chef comparé à lorsqu’ils sont enfermés.

En fait, l’effet est si marqué qu’il y a des places aux États-Unis où les activités extérieures sont devenues une stratégie pour traiter et prévenir l’obésité infantile.

6. Que peuvent faire les parents pour rendre leurs enfants actifs dans la nature?

Il ne s’agit pas uniquement d’emmener les enfants marcher dans la forêt.  Il s’agit d’établir une routine à l’extérieur. Il s’agit d’aller à l’école à pied. Il s’agit d’aller à la boite aux lettres à pied. Il s’agit de les laisser affronter le monde.

Je sais que le parent débordé cherche avant tout à décocher un élément de sa liste, mais il doit faire plus que cela. Il s’agit d’aller dans les écoles et de leur demander d’offrir plus d’éducation physique à l’extérieur. Il s’agit de laisser les enfants sortir et expérimenter cet environnement imprévisible.

Il ne s’agit pas d’organiser une nouvelle activité structurée. Beaucoup de parents, toutefois, ont une grosse dose d’appréhension entourant le fait de ne pouvoir planifier l’expérience et en prédire les résultats.

7. Que peuvent faire nos écoles pour promouvoir le contact avec la nature?

C’est un point important. Il ne s’agit pas seulement de ce que font les parents. Toute stratégie pour amener les enfants dans la nature requiert un effort à plusieurs volets pour la maintenir. Une promenade dans la forêt ne changera pas les choses.

Les parents devraient poser des questions. Que font nos écoles pour améliorer l’activité à l’extérieur? Que font nos centres récréatifs communautaires?

Il s’agit de parents au fait de ce que signifie jeu libre non structuré à l’extérieur.

Il s’agit de permettre à leurs enfants de vivre des expériences qu’au fond d’eux ils appréhendent, comme tomber ou égratigner un genou.

Pensez à la façon dont les bébés apprennent à marcher. Ils ne marchent pas juste en se relevant un jour. Ils marchent à quatre pattes, font leurs premiers pas et entre les deux, ils tombent un bon nombre de fois. Tout est progressif et les genoux éraflés font partie intégrante du processus d’apprentissage.

Le jeu libre non structuré désigne des activités auxquelles les enfants accèdent de leur propre gré sans l’intervention ou la planification des adultes. Il est centré sur les enfants et n’a pas de règles officielles ou de résultats escomptés.

Les livres, les sites web et les vidéos recommandés par Dre Vicki Harber

Livres

Richard Louv. Last Child in the Woods: Saving our Children from Nature Deficit Disorder.

Carl Honore. Under Pressure: Rescuing our children from the culture of hyper-parenting.

DVD/Videos

CBC Doc Zone « Hyper-Parents and Coddled Kids« 

« Play Again: what are the consequences of a childhood removed from nature?« 

« Lost Adventures of Childhood« 

Sites Web

Children and Nature Network

Child and Nature Alliance

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