Hockey Québec est à l’avant-garde du sport avec le programme « bâtir un athlète »

novembre 10, 2014 1 Commentaire »
Hockey Québec est à l’avant-garde du sport avec le programme « bâtir un athlète »

En janvier dernier, nous avons publié un article qui affirmait le besoin d’une nouvelle normalité dans le hockey. L’article, qui a touché une corde sensible chez de nombreux parents d’enfants jouant au hockey et chez les entraîneurs, soulignait que le hockey devait changer afin que les enfants apprennent la bonne chose au bon moment pendant leur développement.

Hockey Canada s’est engagé à améliorer la façon de présenter le hockey aux enfants, élément qui est démontré dans son parcours du joueur à long terme (DLTA) et de par son partenariat avec nous dans une série de projets comme une carte postale pour éduquer les parents, qui sera bientôt disponible en français. Mais l’un des organismes les plus innovateurs pour ce qui a trait à l’amélioration du jeu pourrait bien être Hockey Québec.

Dernièrement, j’ai parlé avec Yves Archambault, directeur technique chez Hockey Québec, concernant les améliorations qu’ils vont apporter au hockey dans sa province. C’est avec passion qu’il a présenté l’évolution des dernières années de sa fédération provinciale, qui a conduit à leur programme actuel « Bâtir un athlète ».

« Hockey Québec a soumis son premier modèle de développement à long terme de l’athlète en 2001. Pendant 8 ans, le modèle a surtout servi de cadre analytique et décisionnel », a déclaré Archambault. « L’impact de notre premier DLTA n’a pas été signifiant au niveau du hockey amateur parce qu’il était trop lourd et trop volumineux. »

Basé sur les connaissances acquises, Hockey Québec a simplifié son approche pour générer un impact plus marquant. En 2009, les dirigeants ont distingué quatre priorités pour maximiser le développement du joueur :

  • Améliorer l’entraînement physique des joueurs
  • Améliorer l’aptitude des joueurs à jouer un contre un
  • Améliorer la rapidité et les habiletés des joueurs
  • Améliorer l’aptitude des joueurs à compétitionner

Selon Archambault, les résultats ont été immédiats. « Nous avons ressenti une bouffée d’air frais et beaucoup plus de compréhension et d’application sur la glace. »

Les leçons du cycle de planification de 2009-2013 étaient claires. « Du côté du hockey, les joueurs les plus athlétiques et qualifiés parvenaient au niveau élite avec moins de risques de blessures à cause du surentraînement, » a déclaré Archambault. « Du côté humain, nous avons réalisé que l’approche a mené à des joueurs plus équilibrés qui continuaient à jouer plus longtemps au hockey.

Bâtir des athlètes plutôt que des joueurs de hockey

Ces succès ont conduit au plan triennal actuel de Hockey Québec : « Bâtir un athlète (BA) ».

Aucune ambiguïté possible. Lorsque vous vous efforcez de développer des athlètes plutôt que de simples joueurs de hockey, vous affirmez clairement que vous aiderez les joueurs à développer davantage que leurs habiletés au hockey. Vous vous engagez aussi à les aider à améliorer une série de composantes telles que leurs aptitudes athlétiques globales, la nutrition, le jeu mental et le conditionnement physique.

Le programme BA cible toute l’élite provinciale du hockey mineur d’une structure intégrée appelée « ligue d’excellence ». La ligue comprend toutes les équipes élites provenant du Peewee et du

Hockey Quebec's "Build an athlete" diagramBantam « AA » et « AAA » ainsi que du Midget espoir et des divisions « AAA ».

Tous les programmes élite bantam et midget font partie d’un programme sports-études.

« Si vous jouez au hockey en tant qu’élite bantam ou midget, vous jouez au sein d’une structure académique, » annonce fièrement Archambault. « On s’assure ainsi plus facilement que les jeunes poursuivent leur volet académique et cela permet aussi l’intégration d’exercices, des entraînements sur terrain sec et des cours intercalés dans un emploi du temps raisonnable. »

J’ai demandé à Archambault comment le programme BA avait été accueilli par les entraîneurs et les parents.

« Très bien au sein des programmes de hockey élite. En fait, cela a conduit les entraîneurs à parfaire leurs connaissances, leur expertise et à structurer et livrer des programmes de développement qui sont meilleurs pour les joueurs » a répondu Archambault.

Hockey Québec « prêche par l’exemple » en ce qui a trait à leur nouveau programme. Dans leur plan annuel d’entrainement pour chaque niveau, ils incluent une période en juin appelée « arrêt du hockey »  et « transition vers un autre sport ». Cela encourage l’importance de développer la littératie physique et l’athlétisme chez les joueurs.

Ne vous tournez pas vers le passé, mais vers l’avenir

Les médias ont réagi un peu différemment au nouveau programme.

« Ils passent leur temps à se tourner vers le passé,» dit Archambault. « Ils considèrent le nombre de joueurs repêchés dans la LNH. Ils mettent trop l’accent sur le court terme. Il faut dix ans pour développer un athlète. À la place, ils feraient mieux d’étudier les chiffres en hausse des joueurs québécois atteignant le niveau élite. »

En admettant que ce soit une indication du succès de la nouvelle approche, 23 % des joueurs nommés au sein des équipes de moins de 17 ans venaient du Québec. En comparaison, seulement 17 % des joueurs de hockey mineur du pays venaient de cette province.

Archambault dit que l’une des plus importantes leçons qu’il ait apprise revenait à Charles Cardinal (lien en anglais), l’un des architectes du modèle de développement à long terme de l’athlète.

« C’est entre 14 et 17 ans que vous pouvez développer ou détruire un athlète. Seulement 1 % parviendra au plus haut niveau, mais nous voulons que 100 % d’entre eux restent actifs pour la vie. » La nouvelle approche au Québec semble produire de meilleurs athlètes, mais mène aussi à un meilleur développement global de la personne. Lorsqu’une étude a été faite sur des joueurs, 99 % des joueurs au sein de la structure élite ont déclaré que le nouveau programme leur convenait.

Le programme BA prouve concrètement comment la « nouvelle normalité » est possible au hockey.

Parents de partout au Canada d’enfants qui jouent au hockey, que pouvons-nous tirer de l’expérience québécoise?

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Un Commentaire

  1. Pascal Demers mai 17, 2015 at 7:16 - Reply

    Est-ce qu l’arrêt en juin seulement est suffisant? Personnellement, je suis d’avis que c’est du sur entraînement. Je vous invite à relire vos propres articles.

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