J’ai dû apprendre à des enfants du préscolaire à bouger

décembre 10, 2014 Aucun commentaire »
J’ai dû apprendre à des enfants du préscolaire à bouger

Au printemps dernier, quelques entraîneurs de notre club de soccer, dont moi-même, avons eu le mandat de réintroduire un programme de soccer à un bassin d’enfants à qui l’on prête le moins d’attention : les enfants du préscolaire. Mais il y avait un problème. Le programme ne mettait pas l’accent sur le soccer, mais plutôt sur le mouvement. Soudainement, mon défi était d’enseigner une matière qui ne m’était pas familière à un groupe d’âge qui m’était tout aussi inconnu.

Je savais ce qu’était le mouvement, mais j’étais quelque peu perplexe sur la façon de l’enseigner à des jeunes.

Enseigner le mouvement à de jeunes enfants

Après quelques recherches, je suis arrivée à certaines conclusions : les activités devaient être ludiques et impliquer plusieurs occasions de bouger. Toutefois, j’étais toujours aux prises avec ce que j’enseignais. Dans le but de mieux comprendre, j’ai considéré l’incidence du programme dans un contexte qui m’était familier, le soccer.

Il m’apparaissait assez clair, et je suis certaine que ça l’est aussi pour les parents, qu’il y a des jeunes joueurs de soccer, qui « l’ont », et d’autres non. Je ne parle pas des habiletés en soccer, mais plutôt des enfants qui courent sans effort, tournent avec précision et coordonnent aisément leurs membres d’une façon, dont d’autres, sont incapables.

La différence résidait dans le fait que ces enfants n’étaient pas seulement sûrs d’eux, mais compétents dans leur façon de bouger. Ils étaient dotés de la littératie physique. Je développais la littératie physique.

À la découverte de la littératie physiqueJaime_Lil-Oscars_300_1

Mon nouveau mot à la mode a engendré de curieuses recherches. Enfin je saisissais! Je n’entraînais pas directement des joueurs de soccer, mais je facilitais plutôt des activités basées sur le jeu qui développaient la souplesse, l’équilibre, la coordination, la vitesse et de futurs athlètes. J’étais l’entraîneure avant l’entraîneur, et c’était un privilège que je n’allais pas prendre à la légère.

On pourrait dire que j’étais obsédée par l’idée de la littératie physique. En tant qu’entraîneure/spécialiste de l’enfance/diplômée de kinésiologie, l’idée que quelqu’un, quelque part (je me tourne vers vous, Actif pour la vie) puisse promouvoir le mouvement efficace chez les enfants revenait à avoir un marchand de glace garé devant chez soi tout l’été… incroyable! Et découvrir les plans de cours et les vidéos faciles à suivre sur le site d’Actif pour la vie était la cerise sur le gâteau.

Apprendre en jouant

J’ai intégré les plans de cours prêts à être utilisés et les activités aux programmes préscolaires, et j’ai rapidement remarqué que beaucoup plus d’enfants s’impliquaient et s’amusaient. Ils apprenaient en jouant.

Mon exemple préféré est celui de celle que je prénommerai Maggie, âgée de 3 ans, qui courait d’un pylône à l’autre sans aucun apprentissage. Elle était une coureuse née avant même d’être en âge d’aller à l’école. Tous les enfants du préscolaire ne sont pas ainsi, et ce n’était pas mon but non plus.

En mettant l’accent sur une variété de mouvements et d’habiletés, comprenant l’équilibre, le lancer, le saut et les chutes, chaque enfant pouvait se développer à son rythme et bouger de la façon qui lui convenait. À la fin de la journée, mon objectif était d’inciter les enfants à continuer à bouger et à jouer, en sélectionnant finalement une activité qu’ils affectionnaient et dans laquelle ils excellaient.

Que faire lorsque le programme touche à sa finJaime_Lil-Oscars_300_2

Le programme préscolaire a pris fin, a reçu un appui massif et d’excellents commentaires de la part des parents, et a été grâce à cela, renouvelé pour une saison supplémentaire. Je craignais, toutefois, que sans un programme de cette nature les enfants ne développent pas leur littératie physique chez eux. Il me tient à cœur que les parents comprennent et valorisent le fondement du sport pour ce qu’il est : le mouvement.

J’ai donc décidé de partager mes ressources avec les joueurs et les familles que j’entraîne. En plus de promouvoir le développement de la littératie physique au sein de la famille, j’encourage constamment les parents à exposer leurs jeunes joueurs de soccer à de multiples sports afin de pouvoir développer une gamme d’habiletés. Bien que je sois spécifiquement une entraîneure de soccer et que je suis ravie que tant d’enfants aiment ce sport, mon travail ne consiste pas à vendre du « soccer pour la vie » à des enfants de 5 ans. Ce qui me semble important, et j’espère que ça l’est pour d’autres, c’est que les enfants continuent à être actifs pour la vie dans tout ce qu’ils choisiront.

En tant que parents et entraîneurs, faisons en sorte que nos jeunes joueurs ne restent pas sur le banc et deviennent des joueurs actifs dans la vie. Parce que lorsqu’il en résulte des enfants en bonne santé et heureux, tout le monde est gagnant!

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