Les attentes des parents au soccer : comment savoir si son enfant s’amuse et se développe?

mai 11, 2015 1 Commentaire »
Les attentes des parents au soccer : comment savoir si son enfant s’amuse et se développe?

Comme parent, il n’est pas toujours évident de savoir quoi faire lorsque l’on sent que l’expérience sportive de son enfant n’est pas ce qu’elle pourrait être.

Dans le dernier article, on expliquait que les enfants qui pratiquent un sport s’attendent à s’amuser et à s’améliorer. Mais comment savoir si l’équipe de son enfant répond à ces critères fondamentaux?

La réponse se trouve probablement sous vos yeux lorsque vous êtes dans les estrades. Si vous n’êtes pas un expert en entrainement sportif, vous connaissez votre enfant et vous pouvez facilement observer son comportement. Ce que vous voyez en assistant à ses matchs et à ses entrainements vous donnera une bonne idée de ses progrès et du plaisir qu’il éprouve à jouer.

Voici deux questions que vous pouvez vous poser en observant les entrainements ou les matchs de votre enfant.

Est-ce que mon enfant s’amuse?

On peut s’amuser de bien des façons, lorsque l’on pratique un sport car le plaisir vient de l’activité elle-même. Par exemple, un enfant qui fait du skateboard vous dira qu’il aime la vitesse, la sensation de réussir une figure ou simplement le fait de rouler sur sa planche.

Troisième article de la série « Les attentes des parents au soccer »

Cette série en quatre parties vise à montrer aux parents ce qu’ils peuvent faire pour s’assurer que leur enfant a une bonne expérience au soccer.

Déjà paru :
C’est normal de vouloir que votre jeune ait une bonne expérience au soccer
Les attentes des parents au soccer : les besoins des jeunes d’abord

À lire prochainement :
Comment communiquer avec les entraîneurs

Un entraineur peut être bon pour faire des blagues qui amuseront les enfants, mais ce n’est pas ce qui poussera un enfant à s’inscrire à une activité sportive. C’est avant tout le fait de participer, de se dépasser, d’avoir envie de jouer et d’avoir à cœur ce qu’il fait qui rend une activité sportive amusante pour un enfant.

 1. Demandez-le à votre enfant

La façon la plus simple de savoir si votre enfant trouve son activité amusante est de le lui demander. Même si elle est relative à la perception de votre enfant, une évaluation sur une échelle de 1 à 10 (pas amusant — très amusant) peut être un excellent indicateur du plaisir qu’il éprouve. Vous pouvez aussi vous demander ce que vous donneriez vous-même comme note.

2. Mon enfant s’investit-il?

Un enfant qui s’investit dans une activité est un enfant qui ressent un intérêt, qui a envie d’aller aux entrainements et aux matchs, qui choisit d’être présent. Il faut cependant faire attention à ne pas confondre fatigue et démotivation. J’ai souvent été témoin d’entraineurs qui mettaient sur le dos de la fatigue la démotivation des jeunes.

3. Démontre-t-il de l’enthousiasme? Joue-t-il avec énergie?

Un enfant qui aime réellement une activité n’hésitera pas à s’y donner corps et âme. Aucun besoin de le pousser, il fournira de lui-même les plus grands efforts. Un enfant qui s’amuse se donnera à fond, peu importe que son équipe gagne ou perde. Cherchez à voir si son enthousiasme est constant, s’il joue toujours avec autant d’énergie.

4. Se soucie-t-il de ce qu’il fait?

Un enfant qui éprouve une fierté à jouer se souciera des performances de son équipe. Ce n’est pas tant de gagner ou de perdre qui est important pour lui, mais de sentir que lui et son équipe ont bien joué, qu’ils ont livré le meilleur d’eux-mêmes. Bien entendu, dans un sport de compétition, il est normal qu’un enfant éprouve de la déception après une défaite ou une mauvaise performance. Ce qui est merveilleux avec les enfants, c’est que ça ne dure jamais trop longtemps. S’ils ont la chance d’avoir un bon entraineur, ils se concentreront davantage sur le jeu que sur le résultat. Ils vous diront « on n’a pas joué à notre meilleur aujourd’hui » plutôt que « on s’est fait laver ». Un enfant qui se moque d’avoir bien joué devrait cependant constituer un signal d’alarme pour n’importe quel parent.

5. A-t-il envie d’aller aux entrainements et aux matchs?

Un enfant qui s’amuse voudra toujours être au cœur de l’action. C’est comme au travail : une entreprise qui traite bien ses employés et fait en sorte que le travail soit gratifiant aura un taux d’absentéisme plus bas. Un enfant qui n’a pas de plaisir n’hésitera pas à manquer un entrainement.

Mon enfant développe-t-il ses habiletés?

On sous-estime souvent la satisfaction que les enfants éprouvent à développer leurs habiletés, à sentir qu’ils s’améliorent dans leur sport. Dit simplement, plus un enfant développe ses habiletés, plus le jeu devient aisé. Et plus il prend plaisir à jouer. Reste à savoir si votre enfant bénéficie d’un environnement sportif propice au développement de ses habiletés.

Pour le vérifier, voici quelques questions à vous poser :

1. Son entrainement est-il adapté à son âge?

Un enfant n’est pas un adulte; leurs exercices doivent être pensés en fonction de leurs niveaux physique, mental et émotionnel. Cela peut sembler une évidence, mais ça n’a pas toujours été le cas pour plusieurs responsables de clubs sportifs amateurs ou pour enfants. C’est d’ailleurs la raison qui a mené à la création du Développement à long terme de l’athlète (DLTA) il y a 10 ans. Canada Soccer a également développé une série de ressources dans le cadre du programme Parcours Canada Soccer afin d’aider les entraîneurs à appliquer les principes du DLTA. Des ressources sont aussi disponibles pour les parents afin de mieux comprendre de quoi il s’agit.

2. Mon enfant développe-t-il ses habiletés individuelles?

Dans la plupart des sports d’équipe, l’habileté au jeu est synonyme de plaisir à jouer. Moins un enfant maitrise le ballon au soccer, plus le jeu sera difficile pour lui. Malheureusement, plusieurs entraineurs préfèrent mettre l’accent sur les différentes stratégies d’équipe plutôt que sur l’apprentissage des habiletés individuelles tout simplement parce qu’ils y voient la clé de futures victoires. Pourtant, Canada Soccer suggère que la majorité de l’entraînement aux niveaux U11 et U12 portent sur les habiletés, les techniques et la coordination générale [PDF]. Les enfants apprennent les tactiques de façon intuitive en jouant à des jeux sur une petite partie du terrain avec un minimum d’encadrement. Canada Soccer fournit également une liste des habiletés à développer par groupe d’âge.

3. Les exercices sont-ils appropriés pour son âge?

Les enfants devraient être amenés à développer et améliorer de nouvelles habiletés, mais sans se sentir découragés par des exigences trop élevées. Vous remarquez que plusieurs enfants manquent constamment leurs passes lors d’un exercice? C’est fort probablement le signe que l’exercice est trop compliqué pour leur niveau. Les enfants passent alors plus de temps à se demander ce qu’ils doivent faire plutôt qu’à le faire de la bonne manière. Pour aider les entraineurs, Canada Soccer a mis à leur disposition des lignes directrices dans le cadre du programme Parcours Canada Soccer. Plusieurs autres sports offrent ce même type de ressource.

4. Son entrainement lui permet-il d’être actif?

Être actif plutôt qu’immobile est un élément crucial pour le développement et le plaisir d’un enfant. Cela paraît aller de soi, mais vous seriez étonnés de voir le nombre d’entrainements auxquels j’ai assisté où les enfants attendaient leur tour en file. Ou encore un genou à terre à écouter de longues explications. Au soccer, par exemple, une des habiletés les plus importantes à développer chez les jeunes est le maniement du ballon. Pour apprendre à bien manier le ballon, les joueurs doivent passer beaucoup de temps à dribler, à faire des passes, à tirer. C’est notamment là-dessus que les exercices et les jeux des livrets Parcours Canada Soccer [PDF] mettent l’accent.

5. Mon enfant joue-t-il lors de ses entrainements?

Il est essentiel pour les entraineurs d’intégrer beaucoup de temps de jeu dans leurs entraînements. Si l’entraineur jure par les exercices et ne laisse aucune place pour le jeu lors des entrainements, votre enfant risque de ne pas progresser aussi vite qu’il le pourrait.

6. Les autres équipes progressent-elles plus vite?

Si vous remarquez que l’équipe de votre enfant traine de l’arrière au fur et à mesure que la saison avance, il y a de bonnes chances pour que les critères mentionnés plus haut ne soient pas remplis. Encore une fois, gagner ou perdre importe peu. Mais l’équipe de votre enfant devrait progresser au même rythme que les autres équipes de son niveau.

La semaine prochaine, nous explorerons le dernier point, et sans doute le plus difficile, de la série : comment communiquer avec l’entraineur de votre enfant, de façon respectueuse et constructive.

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Un Commentaire

  1. Pascal Demers mai 15, 2015 at 3:42 - Reply

    Après avoir fait poliment le discours sur la vertu à l’entraîneur bénévole, ce dernier sait-il d’avantage quoi faire ? Après les 5 exercices du pamphlet de la fédération, il est laissé de nouveau à lui même… Est-ce que les fédérations vont finir par réaliser qu’ils ne fournissent aucun matériel pédagogique et encore moins de support à leur bénévole… Je suis impatient de lire votre prochain article.

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