Les caractéristiques de la « nouvelle norme » au hockey

février 26, 2015 Aucun commentaire »
Les caractéristiques de la « nouvelle norme » au hockey

Ça fait déjà plus d’un mois que le Championnat Mondial de hockey junior 2015 est chose du passé, mais chez les amateurs de hockey, la finale entre la Russie et le Canada fait encore jaser. Le Canada a gagné, mais il y avait une autre raison de se réjouir : ce tournoi nous a présenté un plus haut calibre de jeu – du meilleur hockey.

Le directeur du développement chez Hockey Canada, Corey McNabb, est d’accord.

Ayant été sur la glace avec les joueurs de l’équipe canadienne du Mondial junior pour filmer la série de vidéos d’habiletés avec TSN au cours des dernières années, je peux dire que c’est le groupe le plus habile depuis celui du Championnat Mondial de 2009 à Ottawa.

Ce n’est pas peu dire si l’on se rappelle les joueurs de la délégation canadienne de 2009 : Tavares, Subban, Eberle, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le Canada a élevé son jeu, mais tous les autres pays au championnat l’ont fait aussi. Nous avons été témoins d’un niveau amélioré de jeu, l’expression d’une nouvelle norme dans l’enseignement du hockey.

La « nouvelle norme » au hockey, et pourquoi c’est important pour les parents et entraîneurs

Cette « nouvelle norme » est la direction dans laquelle se dirige le hockey au Canada.

Traditionalistes, ne vous inquiétez pas. Le hockey évolue, mais les fondements du sport sont les mêmes et continuent d’être enseignés et mis en valeur : habiletés, vitesse et saine compétition.

Parents et entraîneurs de hockey mineur, vous savez que la façon dont le sport est pratiqué au haut niveau influence la façon dont les jeunes veulent le jouer et la façon dont vous leur enseignez. La nouvelle réalité du hockey se rend jusqu’à vous.

Pour bien comprendre l’idée, voyons comment les trois éléments fondamentaux du hockey (habiletés, vitesse et esprit de compétition) sont redéfinis dans cette nouvelle approche du sport.

1) Des habiletés utilisées à bon escient

Le hockey est un sport exigeant sur le plan technique. Pour la plupart des enfants, patiner est déjà difficile. Ajoutez une rondelle à manier avec un long bâton en compagnie de 11 autres joueurs, et ça fait tout un défi.

Il y a eu une époque au hockey où le joueur moyen était un plombier (on pense aux Broad Street Bullies) et les joueurs très doués (comme Guy Lafleur) étaient l’exception. Vint ensuite une période où les fines habiletés étaient prisées, mais déconnectées du jeu : les jeunes perfectionnaient des techniques sophistiquées de maniement de la rondelle comme celle-ci dans leur sous-sol, mais les entraîneurs ne voulaient pas les voir à l’œuvre dans un match.

Aujourd’hui, en plus d’enseigner les techniques aux joueurs, les bons programmes de développement de hockey mineur mettent l’accent sur le contexte dans lequel elles sont utilisées. Comme l’explique McNabb, « il ne suffit pas de montrer comment ramener la rondelle avec le bout de la lame, il faut aussi s’assurer que les joueurs savent quand et pourquoi avoir recours à cette technique dans un match pour qu’elle soit efficace. »

Cette façon de voir et de maîtriser les différentes techniques de hockey a ouvert la voie à une plus grande créativité. Cela donne un sport que les jeunes ont encore plus de plaisir à pratiquer parce qu’ils aiment apprendre et s’améliorer.

2) Une vitesse complète

L’époque où patiner vite en ligne droite suffisait pour être un joueur rapide, est révolue. Dans le nouveau hockey, il faut savoir patiner vite dans différentes directions et situations. Les joueurs ont besoin d’un certain type de vitesse pour contourner le filet avec la rondelle, et d’un autre pour chasser un adversaire.

Par ailleurs, la vitesse va au-delà de ce que les experts appellent « des jambes rapides ». La vitesse des mains et la vitesse de l’analyse de jeu sont aussi importantes.

Dans le nouveau hockey, et dans les bons programmes de développement, les jeunes apprennent à développer toutes les formes de vitesse dans le contexte d’un large éventail de techniques et d’habiletés.

3) La compétence pour compétitionner : le désir et les habiletés

Jusqu’à il y a quelques années, le Canada se flattait de développer les joueurs de hockey les plus intensément compétitifs. Nous avons remporté plusieurs médailles et tournois grâce à notre hargne. Les joueurs canadiens sont toujours au rang des joueurs les plus intenses au monde, mais le reste de la planète les a rattrapés.

Dans la finale opposant la Russie et le Canada, les joueurs des deux équipes ont fait preuve d’un haut niveau d’énergie, de passion et d’intensité. C’est aussi vrai pour la plupart des équipes dans le tournoi.

La compétence pour compétitionner est devenue la norme. Au-delà de ce constat, ce qui a le plus évolué, c’est la nécessité pour les joueurs d’avoir des habiletés à la hauteur de leur intensité.

Le joueur canadien junior Max Domi en est un bon exemple. Domi s’est montré à la fois intense et habile dans des situations de « bataille ». Non seulement a-t-il fait preuve de courage, ténacité et force lorsqu’il luttait pour la rondelle le long de la bande, il a été capable de conserver la rondelle dans ces situations grâce à ses habiletés techniques.

Dans le hockey d’aujourd’hui, il est irresponsable de s’attendre à ce qu’un jeune ait le courage de jouer avec intensité sans voir à ce qu’il ait aussi acquis les habiletés nécessaires pour le faire de façon efficace.

Pourquoi c’est important

Le « nouvelle norme » au hockey ne concerne pas seulement le développement des joueurs d’élite. C’est une façon d’assurer que les enfants apprennent les bonnes habiletés au bon moment et qu’ils s’amusent au maximum. En garantissant plaisir et apprentissage, vous leur donnez le plus beau cadeau qu’on puisse faire comme entraîneur ou comme parent : vous formez des joueurs pour la vie. Et c’est exactement ce que peut faire le programme de hockey dans votre communauté.

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