Les cours de gym se passent mieux qu’en 1980

octobre 7, 2013 Aucun commentaire »
Les cours de gym se passent mieux qu’en 1980

« Regardez la sueur perler sur mon front! »

Ces mots m’indiquent que je fais progresser mes élèves. J’ai été très chanceuse d’enseigner l’éducation physique pendant 37 ans au Manitoba. Durant cette période, j’ai pu remarquer une croissance et un changement notable dans une matière qui fut un jour autant adorée que haïe par les étudiants.

Demandez à quelqu’un qui a suivi des cours d’éducation physique dans les années 1970 ou 1980 : il se peut qu’il vous dise combien c’était terrible et une expérience ô combien humiliante, ou bien que c’était libérateur et amusant. Beaucoup de parents d’aujourd’hui se souviennent d’un modèle de curriculum vitæ sportif qui permettait à ceux qui avaient une bonne condition physique de briller alors que les autres espéraient seulement qu’on ne les remarque pas. Les tests de condition physique indiquaient vos performances, et soit vous étiez à la hauteur ou bien vous échouiez. Il y avait peu de place pour des différences individuelles; il s’agissait d’une approche universelle avec une mesure unique pour le succès.

Aux parents qui haïssaient l’éducation physique : votre enfant ne vivra pas la même expérience que vous.

Le plus gros changement apporté est une transition du sport orienté vers l’éducation physique vers un objectif de bien-être. Nous comprenons beaucoup mieux comment les enfants et les jeunes développent la confiance et la compétence pour ce qui est de leur condition physique et de leurs habiletés motrices. Au premier rang vient le divertissement alors qu’ils acquièrent de nouvelles habiletés et perçoivent l’activité physique comme étant agréable. Le cours d’éducation physique se distingue des autres dans l’emploi du temps. C’est un lieu où l’émotion, le physique et le développement se rejoignent. Et c’est un lieu où le niveau de développement peut énormément varier d’un étudiant à un autre. C’est un lieu de performance publique et de vulnérabilité et ça prend un enseignant engagé et bien formé pour guider les étudiants à travers un développement positif.

En tant que spécialiste en éducation physique au Manitoba, j’enseigne à 250 étudiants par an. Pendant au moins 30 minutes quatre ou cinq fois par semaine, je suis en mesure d’interagir sur une base individuelle avec chacun d’eux. Nous avons le temps d’étudier les concepts du savoir-faire physique et de les renforcer avec des activités variées qui leur permettent de pratiquer leurs habiletés et de devenir de plus en plus confiants. Mes étudiants savent que lorsque j’applaudis leurs « swinging Ls » pendant qu’ils courent c’est que leurs bras sont dans la bonne position. Ils savent que lorsqu’ils galopent, le pied arrière (le renard) ne peut attraper le pied avant (le lapin) ils peuvent même en fin de première année, me montrer comment faire une belle roulade — accroupis, mains écartées  au sol, tête rentrée, s’éjectant avec leurs pieds, rouler et se relever. Ils peuvent garder l’équilibre au sol, sur des bancs ou des poutres.

Lorsqu’ils me demandent de les écouter s’époumoner ou de vérifier leur front transpirant, ils savent que ce sont des indicateurs d’effort intense et ils sont fiers de ce qu’ils ont accompli. Les résultats de leurs examens de condition physique leur ont permis de déterminer leur niveau personnel et de développer des stratégies d’activité et des plans pour améliorer leurs résultats.

Ces étudiants qui me disent qu’ils ont passé l’été à jouer à des jeux vidéo sont encore plus disposés à essayer d’utiliser leurs habiletés motrices dans leurs cours d’éducation physique. L’enfant qui éprouvait de la difficulté à courir est en mesure de jouer à tag; un étudiant qui ne parvenait pas à lancer une balle, lance une cible du côté adverse et gagne la partie. Mes étudiants qui ont des besoins spécifiques sont enrôlés dans les jeux afin que leur contribution soit aussi significative que pour le reste de la classe.

Le succès perçu dans les classes d’éducation physique se traduit par une participation intra-muros de 95 % de notre population étudiante et de 85 % au secondaire du premier cycle participant régulièrement à des activités inter scolaires. Je vois les étudiants jouer activement pendant les récréations, et plus seulement adossés contre une porte. Lors des soirées d’inscriptions pour les d’activités, je remarque que ces enfants qui avaient tendance à vouloir être gardien de but parce que cela signifiait ne pas trop bouger, s’inscrire à la danse, à la gym, au karaté, au rugby, à la balle molle, au soccer et au ski alpin. Parce qu’ils sont dotés du savoir-faire physique, ils sont en mesure d’être ce que des enfants devraient être : des êtres actifs et remuants qui excellent au jeu.

Pourquoi cela? Premièrement, à partir de leur première journée de maternelle jusqu’à la fin de leur 12e année, la majorité des étudiants bénéficient de l’enseignement d’un professeur spécialisé en éducation physique. De plus, la province a ordonné plus de 150 minutes d’éducation physique et sportive par cycle de la maternelle à la 8e année, ce qui signifie qu’il est possible pour chaque étudiant de bénéficier d’éducation physique chaque jour. Au secondaire, les étudiants ont l’obligation de suivre un cours d’éducation physique et de la santé chaque année.

Le cours d’éducation physique se distingue des autres dans l’emploi du temps. Lorsqu’il est enseigné par un professeur enthousiaste, bien formé et engagé, cela apprend aux enfants et aux jeunes les habiletés fondamentales qui leur permettent de participer à un grand nombre d’activités, de regagner leur confiance en eux et de bâtir la motivation pour bouger. Lorsque les étudiants réussissent, il y a un profond sentiment d’accomplissement. Ils savent qu’ils ont maîtrisé une nouvelle habileté et ils développent la confiance pour aller encore plus loin. Vous le voyez sur leurs visages et dans leur démarche. Et c’est ce qui m’indique que je fais progresser mes élèves.

Posté par Jacki Nylen

Jacki enseigne l’éducation physique à Tanner’s Crossing School à Minnedosa, au Manitoba, et est également présidente d’Éducation physique et santé Canada.

PHE Canada president Jacki Nylen

EPS Canada est le porte-parole national pour l’éducation physique et la santé. Nous travaillons avec des éducateurs et des professionnels sur le terrain pour développer les ressources, la compréhension et les réseaux, pour garantir aux enfants qu’ils seront tous en mesure de développer les connaissances, les habiletés et l’attitude nécessaires pour mener une vie active et saine, maintenant et dans le futur.

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