Quelles leçons le Canada peut-il tirer du Championnat du monde junior de hockey?

janvier 1, 2017 Aucun commentaire »
Quelles leçons le Canada peut-il tirer du Championnat du monde junior de hockey?

Qui dit temps des Fêtes dit famille et traditions. À la maison, mon fils et moi avons pour tradition de regarder le match d’ouverture du Championnat du monde junior de hockey le 26 décembre. Devant du hockey de telle qualité, l’engouement atteint des sommets. Pour les amateurs de hockey, c’est un pur bonheur.

Une autre de mes traditions consiste à écrire un article chaque année au sujet du Championnat du monde junior. Si je le fais, c’est parce que dans ce tournoi se trouve la prochaine génération de joueurs étoiles. C’est un instantané de la réussite du système de développement des joueurs des différents pays.

La qualité du hockey s’améliore constamment

Dans les dernières années, certains pays se sont établis comme de grandes puissances dans la catégorie junior (moins de 20 ans). Dans le tableau ci-dessous, j’ai compilé les résultats des cinq meilleurs pays lors des cinq derniers championnats. J’ai aussi calculé le rang moyen de chaque pays. Le Canada se classe troisième, ce qui n’est pas trop mal pour un tournoi aussi relevé.

(tableau version anglaise)

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Là où cela devient intéressant, c’est quand on regarde le nombre de joueurs inscrits dans chaque pays. De ce point de vue, la Finlande, la Suède et la Russie semblent réussir particulièrement bien à réunir des équipes talentueuses et compétitives malgré leur bassin de joueurs restreint.

Le classement du Championnat mondial junior peut être trompeur. Ayant un plus petit bassin de joueurs, les pays comme la Finlande et la Suède peuvent cibler les meilleurs joueurs plus tôt pour les réunir au sein de leurs équipes nationales. Ces équipes s’entraînent et jouent ensemble plus longtemps, ce qui explique leurs meilleurs résultats au Championnat du monde junior.

Au-delà du tournoi, il y a d’autres signes qui indiquent quels pays progressent le plus dans le développement de leurs jeunes joueurs de hockey. Prenons par exemple la nationalité des joueurs dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Après des décennies de domination canadienne, en 2016, la LNH compte pour la première fois plus de joueurs étrangers que de Canadiens.

Prenons un autre exemple : le repêchage annuel de la LNH. Les joueurs repêchés sont ceux que les meilleurs analystes du hockey professionnel considèrent comme les plus talentueux. Or, dans le repêchage 2016 de la LNH, cinq des dix premiers choix provenaient de « petits » pays de hockey. D’ailleurs, trois des cinq premiers joueurs provenaient de la Finlande. Pas mal pour un pays qui ne compte que 75 000 joueurs inscrits.

Rester au sommet

Ne vous y trompez pas, le Canada est toujours le meilleur pays de hockey au monde. Nos équipes nationales féminine et masculine sont les champions olympiques en titre. Notre équipe masculine est championne du monde et de la Coupe du monde en titre, et notre équipe féminine a remporté l’argent au dernier Championnat du monde.

Cependant, comme le veut l’adage, il est plus difficile de rester au sommet que d’y arriver. Devant la montée en force des petits pays de hockey aux niveaux junior et professionnel, nous devrons peut-être nous interroger sur les moyens de continuer à améliorer le développement de nos jeunes joueurs.

Apprendre de ce qui se fait de mieux ailleurs

J’ai demandé à des spécialistes du hockey des exemples de bonnes pratiques que nous pourrions émuler au Canada. Corey McNabb, directeur des programmes de développement de Hockey Canada, m’a fait part de certaines pratiques concernant le développement des jeunes gardiens de but.

« La Suède et la Finlande investissent dans le développement des gardiens de but, affirme M. McNabb. Tous les clubs ou associations de hockey mineur ont au moins un entraîneur de gardiens de but certifié. En plus, ils réservent certains jours à l’entraînement des gardiens. »

Selon M. McNabb, ces pays mettent aussi beaucoup l’accent sur le développement de la forme physique et des habiletés générales chez l’enfant. « Par exemple, dans les divisions pee-wee et chez les plus jeunes, les gardiens suppléants ne restent pas sur le banc pendant les parties. Ils jouent à l’attaque ou en défensive. »

En outre, ces pays organisent leur saison de hockey de façon à promouvoir le développement des habiletés sportives, tout en prévoyant des périodes de repos et de récupération appropriées pour les enfants. Pendant ces pauses (habituellement une semaine pendant chaque moitié de la saison), les joueurs s’entraînent et participent à des camps de perfectionnement technique, tandis que les entraîneurs suivent des formations.

Yves Archambault, directeur technique de Hockey Québec et auteur d’un ouvrage sur le hockey en Finlande, m’a confié ce que sont selon lui les points forts du système de développement finlandais :

« La formation continue et le perfectionnement sont importants en Finlande. Chaque région compte des entraîneurs spécialisés à temps plein qui travaillent avec les gardiens de but et les joueurs. En plus, ils dépensent beaucoup d’énergie dans le perfectionnement continu des entraîneurs et des administrateurs. »

La force de la Finlande dans le développement du hockey est une question de vision. « Les Finlandais cherchent à prendre une longueur d’avance en s’efforçant de comprendre et d’assimiler ce qui se fait de mieux dans le monde », résume M. Archambault.

En quoi ça nous touche?

Comme je l’ai déjà mentionné, le Canada est le meilleur pays de hockey au monde, mais d’autres pays sont en train de le rattraper. Hockey Canada et les fédérations provinciales offrent d’excellents outils et ressources et de belles occasions de perfectionnement, mais tout le système est concentré au niveau local. Certaines associations canadiennes de hockey mineur appliquent déjà quelques-unes des pratiques exemplaires présentées plus haut, mais il n’y a rien d’uniformisé. Point positif, le modèle de développement à long terme de l’athlète montre au Canada la voie à suivre pour offrir un développement de qualité à tous nos jeunes joueurs.

J’ai été doublement convaincu de la force de ce modèle quand j’ai assisté au Sommet Hockey Sense organisé par la LNH et son association des joueurs durant la Coupe du monde de hockey 2016. J’ai interrogé des représentants de la Finlande, de la Suède et des États-Unis au sujet de leurs systèmes de développement respectifs. Tous s’accordaient pour dire que le DLTA de Hockey Canada est une référence, voire un modèle pour les autres pays.

En fait, la meilleure pratique pourrait simplement être de veiller à l’application du modèle de DLTA dans chaque association de hockey mineur au pays. Les parents et les entraîneurs ont leur mot à dire à ce sujet.

Après tout, l’objectif est de s’assurer que nos jeunes hockeyeurs développent leurs habiletés et leur passion pour le jeu, mais aussi de veiller à ce que ceux qui choisissent de compétitionner aux plus hauts niveaux soient prêts à rivaliser avec les meilleurs au monde.

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