Seule dans la piscine

mai 27, 2013 Aucun commentaire »
Seule dans la piscine

Dernièrement, il faisait un peu frais dans la piscine où nos enfants prennent leurs leçons de natation. Alors que nous pensions qu’ils se réchaufferaient en bougeant, il faisait finalement trop froid pour qu’ils fassent leurs longueurs et le cours a été écourté.

En les observant blottis les uns contre les autres pour essayer de se réchauffer, claquant des dents, je me suis remémoré un certain matin d’été particulièrement froid au début des années 70, fin des années 80 à Gravenhurst en Ontario. C’était le jour de l’évaluation pour les certifications de natation au camp, et le lac était glacial.

Il faisait tellement froid que nous avions tous refusé de passer la certification. Les instructeurs nous ont avertis que si nous n’allions pas dans l’eau, nous pouvions dire au revoir à nos certifications.

J’ai été la seule à sauter. J’étais la seule dans le lac ce jour-là, la seule à avoir passé l’épreuve et à la remise des prix le soir, il n’y a que mon nom qui a été appelé pour recevoir ma certification de natation. C’est la seule médaille que je me souvienne avoir remportée et ça a été un moment décisif de ma vie.

La natation a toujours été l’une de mes activités favorites. J’adorais l’eau et pouvais nager pendant des heures, et je pense que j’avais une bonne technique et de la vitesse. Je me souviens que j’étais particulièrement fière de mes virages.

En fait, à 10 ans, j’avais réussi toutes mes formations de sauveteuse et étais prête à passer à la croix de bronze. Malheureusement, la croix de bronze n’était pas prête pour moi. À cette époque, il fallait avoir 13 ans pour passer le bronze, et à cause de mon âge, je ne pouvais pas aller plus loin.

L’école de natation où j’étais inscrite m’a proposé de la nage synchronisée à la place. Mais ils ont oublié de mentionner que personne d’autre ne s’était inscrit.

Je me suis une fois de plus retrouvée seule dans l’eau. Excepté que cette fois au lieu de ressentir de la fierté, je n’ai éprouvé que de l’embarras pendant que mon corps décrivait des cercles tristes, une jambe dans les airs.

J’ai arrêté la natation. De dix à treize ans, il est important d’être actif, passionné de quelque chose, mais pour moi ça a pris fin avant même de commencer. À l’âge de 13 ans, j’avais perdu tout intérêt dans la natation que j’ai remplacée par des habitudes malsaines, et ça a duré une décennie.

Si on m’avait permis de passer ma croix de bronze à l’âge de 10 ans, cela aurait peut-être changé le cours de ma vie, mais je ne le saurai jamais. En y repensant, cela a peut-être été le début de ma vie non sportive.

Ces souvenirs me confirment à quel point il est important que nos enfants qui atteignent l’adolescence soient physiquement actifs, en confiance, se sentent merveilleusement bien et à propos de ce qu’ils peuvent faire. Ils me rappellent que le sport et l’activité physique peuvent donner l’occasion de se forger le caractère qui teste notre détermination et nous montre l’amplitude de ce que nous pouvons accomplir.

Maintes fois depuis ce jour-là, j’ai fait appel à la volonté, la détermination et la force qui m’ont permis de sauter dans ce lac gelé. Notamment en tant que parent.

 

 

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