Traumatisée par le cours d’éducation physique

septembre 13, 2013 2 Commentaires »
Traumatisée par le cours d’éducation physique

Il y a quelque temps de cela, mes collègues et moi-même discutions du fait que les classes d’éducation physique étaient en train de disparaitre du curriculum, mais bon nombre de parents n’ont pas l’air de s’en soucier. Puisque nous savons tous combien l’activité physique est importante pour les enfants, nous ne saisissions pas pourquoi il en est ainsi. Puis, j’ai eu une illumination!. Peut-être que beaucoup de gens ont eu une aussi mauvaise expérience que moi en classe de gymnastique?

Je me souviens à peine de mes cours de gym lorsque j’étais au primaire. Si je ferme les yeux et que je me concentre vraiment fort, je peux me revoir lançant et esquivant des balles. Je me souviens vaguement de parties de ballon chasseur et du malaise ressenti lorsque les capitaines formaient leurs équipes.

Les cours d’éducation physique n’étaient pas une priorité à l’école paroissiale privée où j’étais inscrite de la maternelle à la 6e année, et les termes « développement des habiletés motrices » auraient causé des fronts plissés et des haussements d’épaules.

En 7e et 8e année, je suis passée dans le système public. Nous étions début des années 80 et comme je l’ai déjà écrit sur le sujet auparavant, la brassière pour le sport n’avait pas encore été inventée. Pour des filles comme moi, c’était un obstacle de taille à l’implication dans quoi que ce soit d’actif physiquement.

Nous devions porter des shorts verts et des tee-shirts blancs dotés de la crête de l’école. Nous devions grimper à la corde. Nous devions parcourir de longues séries de tours dans le ravin proche de l’école et nous n’avions droit à aucune excuse.

Nous devions de surcroit, prendre la douche en commun. Je ne peux pas être la seule à penser que pour une fille de 13 ans c’est ce qui peut arriver de pire?

Ma mère, quelque part une « maman non sportive » me faisait des mots d’excuse pour me sortir de ce cauchemar une fois par mois. Et lorsqu’elle ne le faisait pas, il m’arrivait de les écrire moi-même.

Un jour, je suis arrivée en cours de gym avec mon mot expliquant pourquoi je ne pouvais participer au cours. Il était signé par ma « mère ». Il y avait au moins deux classes de filles en 8e année assises en haut de la colline lorsque j’ai courageusement présenté mon billet d’excuse. Le professeur d’EPS qui avait des airs de Sue Sylvester dans Glee, m’a demandé pourquoi la signature de ma mère était aussi brouillonne.

Mon motif fut l’exemple type de ma stupidité du haut de mes 13 ans: « C’est parce qu’elle l’a signé pendant qu’elle conduisait. »

Mes camarades de classe ricanaient nerveusement. Je pensais peut-être avoir poussé un peu loin, mais ne m’attendais absolument pas à ce qui a suivi. Le professeur m’a saisie par l’oreille et m’a traînée jusqu’au bureau du principal. Et je n’invente rien.

C’est à partir de ce moment que s’arrêtent mes souvenirs de gym du secondaire.

L’année d’après, je suis arrivée avec une attitude positive, de grands espoirs et de bonnes intentions au 1er cours de gym de 9e année. Mais tout ce que j’ai réussi à développer c’est l’habitude de me cacher dans les vestiaires des filles pendant toute la durée du cours.

Lorsque la conseillère d’orientation a par la suite organisé une rencontre avec le professeur d’EPS, je me souviens que cette dernière m’a observée et qu’elle a déclaré : « si je la renversais avec ma voiture, je ne saurais même pas que c’est une de mes élèves. »

En fin de compte, l’école m’a permis de remplacer le cours de gym par un cours d’art, mais devinez quoi? Savoir dessiner et peindre (et je ne suis loin d’être Picasso) ne s’avère pas très utile lorsque des amis ou des collègues vous demandent de jouer au baseball. Vous ne pouvez pas leur dire que vous ne savez pas comment envoyer ou réceptionner une balle, mais qu’en revanche vous êtes un as du pinceau!

À propos, ils m’ont aussi permis d’apprendre l’anglais à la place d’art dramatique et ça a été la même chose (bien que je puisse jouer  l’englais, cela ne m’a jamais aidée à donner les indications à un chauffeur de taxi lorsque je visitais Londres).

Le cours de gym m’a traumatisée. Le curriculum m’a traumatisée. Les profs m’ont traumatisée. Je sais bien que j’étais un cas extrême, mais je ne pouvais quand même pas être la seule à éprouver ce sentiment.

Et c’est peut-être pour cela qu’il peut être difficile de s’insurger lorsqu’on apprend que dans les écoles de nos enfants, les profs d’éduc disparaissent. Nous savons que du point de vue intellectuel les enfants ont besoin d’une éducation physique appropriée et de beaucoup d’activités physiques pendant leur journée, mais peut-être qu’une petite voix dans notre tête nous insuffle, « Tant mieux, hors de question que mes enfants subissent l’horreur/la honte/les maux que j’ai subis »

Camarades survivants au système de l’éducation physique des années 80, je suis ici pour vous dire que les cours d’EPS ne sont plus ce qu’ils étaient. Il y a une nouvelle espèce de profs qui sont compatissants, passionnés et dédiés à nos enfants. Ils leurs enseignent les habiletés motrices fondamentales à travers des jeux et des activités.

Joignez-vous à moi, en laissant le passé derrière vous et adoptez l’approche d’aujourd’hui à une éducation physique qui sert vraiment tous les enfants et pas seulement ceux capables de grimper à une corde, les adeptes du ski de fond ou ceux qui sont aptes à marquer des paniers.

Si l’école de votre enfant ne prend pas ce virage, il est peut-être temps de vous insurger et de vous battre pour.

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2 Commentaires

  1. Caroline Lebrun septembre 13, 2013 at 1:52 - Reply

    Il est évident que les professeurs d’éducation physique n’ont plus ce style d’enseignement militaire de l’ancien temps,
    De nos jours (et depuis plusieurs années déjà..) les éducateurs et éducatrices physique reçoivent une formation universitaire complète axée sur la pédagogie, la biomécanique, l’anatomie, la psychologie, etc etc. Ce qui en font des enseignants complets à l’écoute des enfants et surtout en mesure de developper leurs habiletés psycho-motrices avec une approche individuelle.

    • Sara Smeaton
      Sara Smeaton septembre 16, 2013 at 7:45 - Reply

      Merci pour vos commentaires Caroline! en tant que mère, je suis heureuse d’entendre ça. Mon voeu soit que l’expérience de mes enfants ne ressemble nullement à la mienne.

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