5 conseils pour favoriser un comportement alimentaire sain chez les enfants

En tant que diététiste en santé publique, j’entends parler de toutes sortes de troubles alimentaires.

L’autre jour par exemple, une collègue de travail m’a raconté que son fils, qui est en deuxième année, reçoit des guimauves à l’école chaque fois qu’il est sage, serviable ou qu’il termine ses tâches. Elle voulait savoir ce que j’en pensais. Selon moi, elle a mis le doigt sur un problème crucial : l’environnement alimentaire dans lequel un enfant évolue; certains sont bénéfiques, d’autres non.

Les enfants apprennent les bases de l’alimentation — quoi, quand et comment manger — à la maison, à l’école et au cours des diverses activités qu’ils pratiquent dans leur collectivité. La manière dont leur est présentée la nourriture façonne leurs préférences ou leur dicte ce qu’il est « cool » de consommer. C’est ce que l’on appelle un environnement alimentaire, et la plupart d’entre eux incitent nos enfants à préférer des aliments moins nutritifs.

À propos de l’auteure Kathryn Forsyth

Kathryn Forsyth est maman de deux adolescents et diététiste de santé publique au bureau de santé Grey Bruce. Elle codirige actuellement le groupe de travail provincial sur la saine alimentation dans les contextes de loisir de la Société ontarienne des professionnels de la nutrition en santé publique.

La semaine type d’un écolier ressemble parfois à ceci (source : Il faut un village, module 5) :

Lundi : fête d’un camarade de classe — beignes pour tout le monde, offerts par les parents!
Mardi : l’équipe de soccer remporte le match à domicile — bâtons glacés pour tous, offerts par l’entraîneur!
Mercredi : concert-bénéfice — vente de gâteaux au centre communautaire!
Jeudi : activité parascolaire — on apprend à faire des biscuits et on les déguste!
Vendredi : Saint-Valentin — l’enseignante offre à chacun un petit cœur en bonbon!

Pris séparément, ces événements ne présentent aucune gravité. Mais si on les ajoute, ce n’est plus une petite friandise pour se faire plaisir, c’est une orgie : un excès de calories en provenance d’aliments et de boissons sans valeur nutritive.

Pour avoir un rapport à la nourriture sain et un mode de vie actif, les enfants ont besoin de modèles, à savoir des adultes qui joignent la parole aux actes. Plus les bonnes habitudes sont prises tôt, plus elles auront de chance de durer. Les enseignants, éducateurs et entraîneurs jouent un rôle primordial dans l’établissement de cet environnement alimentaire bénéfique. Tout comme les parents.

Voici cinq conseils pour vous y aider :

1. Ne vous servez pas d’aliments ou de boissons sucrés pour récompenser votre enfant : cela pourrait créer une réaction affective de sa part envers la nourriture et conduire à des problèmes plus graves en grandissant, notamment des troubles alimentaires.

2. Préférez des récompenses non alimentaires, du temps supplémentaire pour jouer dehors par exemple ou une nouvelle activité. Si l’on reprend la semaine de l’écolier décrite plus haut, on s’aperçoit que dans certains cas, les parents ne sont pas en cause mais ils peuvent faire entendre leur voix. Participez au comité de parents d’élèves ou impliquez-vous auprès de l’équipe sportive. Demandez également à votre enfant ce qu’il a mangé dans la journée, de façon à pouvoir équilibrer ses autres repas. Cette semaine aurait pu se dérouler autrement grâce à ces quelques idées :

Lundi : on souligne la fête du camarade de classe par une chanson
Mardi : on forme un tunnel pour se taper les mains en signe de félicitations; chacun le traverse en courant, deux fois!
Mercredi : on organise une tombola d’instruments de musique ou d’équipements sportifs
Jeudi : on apprend à faire du houmous et on le déguste avec une trempette de légumes
Vendredi : on offre des brochettes aux fruits rouges ou on porte un vêtement rouge

3. Montrez l’exemple. Et profitez de l’occasion pour améliorer vos propres habitudes en matière d’alimentation et d’activité. Suivez les recommandations du Guide alimentaire canadien et privilégiez les aliments naturels.

4. Ayez toujours en tête qu’un enfant écoute et regarde tout ce que vous dites ou faites, alimentation et image corporelle comprises. Quand vous décrivez quelqu’un par exemple, essayez de ne pas faire de commentaires sur son poids. Tentez d’oublier l’apparence physique en toutes circonstances. Prenez également le temps d’écouter votre enfant et laissez-le exprimer ce qu’il ressent : santé mentale et santé physique sont étroitement liées. S’il présente des signes de troubles alimentaires, renseignez-vous auprès des organismes spécialisés sur le sujet, comme Nedic, qui pourront vous aider.

5. Organisez une semaine santé avec votre enfant : décidez ensemble de repas équilibrés grâce au planificateur de menus de Saine alimentation Ontario, laissez-vous inspirer par les recettes créatives de l’application gratuite Cuisinidées, élaborée par Les diététistes du Canada, et cuisinez à quatre mains!

L’environnement alimentaire de nos enfants est une question de société et son amélioration exige un effort concerté. Mais tout effort, aussi petit soit-il, est bénéfique : le changement commencera avec vous si vous mettez au moins l’un ces conseils en application dès aujourd’hui.

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