Le déconditionnement physique favorise l’inactivité chez les enfants 

Le déconditionnement physique favorise l’inactivité chez les enfants 

Depuis quelques années, l’inactivité physique chez les enfants est considérée comme un problème de santé publique majeur. L’utilisation de téléphones intelligents, les rues trop dangereuses pour y jouer et les parents surprotecteurs font partie des nombreuses causes pointées du doigt, mais il y en a aussi d’autres, moins visibles.

L’une d’entre elles est le déconditionnement physique. 

Le problème du déconditionnement physique

Les enfants qui adoptent des comportements sédentaires et délaissent le jeu actif perdent la force musculaire et l’endurance nécessaires pour bouger. Et ça ne s’arrête pas là. En raison de cette dégénérescence physique, ils semblent également perdre l’alignement postural de base et les capacités musculosquelettiques qui leur permettent de bien bouger.  

Dans son livre Pain Free, publié en 1998, le physiologiste anatomique Pete Egoscue observait que les enfants semblaient déjà perdre les postures de base et la force nécessaire pour faire de l’exercice adéquatement. Il constatait que les styles de vie de plus en plus sédentaires causaient un déconditionnement physique, qui entraînait à son tour de la douleur et des blessures en raison de patrons de mouvement dysfonctionnels. 

Le déconditionnement est de plus en plus courant

Aujourd’hui, le problème semble prendre de l’ampleur. Cale Copeland, chiropraticien, le constate dans sa clinique familiale à Victoria, en Colombie-Britannique. 

« De façon générale, je vois des enfants qui sont moins actifs et qui ont une posture plus vautrée. Ce type de déconditionnement a tendance à entraîner des douleurs aux genoux ou aux hanches ou un syndrome de stress tibial et un manque d’intérêt pour les sports ou les cours d’éducation physique. Des parents m’ont amené leur enfant parce que le simple fait de courir lui causait de la douleur. »  

Richard Gregory, thérapeute du sport et ostéopathe d’Ottawa, a fait des constatations semblables auprès des patients de sa clinique. Il croit que les problèmes liés au mouvement sont de plus en plus fréquents. 

« Je dirais que les blessures se classent généralement dans deux catégories. La première concerne les traumatismes, comme une collision avec un autre enfant ou une chute à vélo qui cause un traumatisme physique. La deuxième englobe les blessures non traumatiques qui surviennent sans mécanisme de blessure particulier. Par exemple, des enfants qui disent avoir mal lorsqu’ils sautent ou qui se plaignent de douleurs généralisées après avoir fait de l’exercice. Parfois, ils ne sont pas en mesure de verbaliser le fait que leur genou se tord vers l’intérieur lorsqu’ils atterrissent un saut et que ça leur cause de la douleur. Alors, ils disent simplement qu’ils n’aiment pas l’activité ou ne veulent pas y participer. »

Les habiletés motrices fondamentales sont essentielles

Le professeur Richard DeMont fait partie d’une équipe de recherche de l’Université Concordia à Montréal, qui se penche depuis plusieurs années sur les liens entre les compétences motrices et les blessures. Leurs études démontrent qu’une mauvaise maîtrise des habiletés motrices fondamentales est liée à un plus grand risque de blessure.

« Nous avons établi des liens entre les habiletés motrices fondamentales et les capacités à prévenir les blessures (en anglais seulement). Nous croyons que l’acquisition précoce d’habiletés motrices fondamentales combinée à l’apprentissage de techniques de prévention des blessures n’améliorera pas seulement les compétences motrices, mais réduira également les risques de blessures à l’adolescence et potentiellement tout au long de la vie, explique M. DeMont. Nous savons déjà que plus l’activité physique est importante, meilleures seront les habiletés motrices fondamentales (en anglais seulement). » 

Le surpoids et l’obésité aggravent le problème

Le surpoids et l’obésité chez les enfants accentuent les problèmes locomoteurs. En effet, une étude a démontré que les enfants en surpoids et obèses (en anglais seulement) ont plus de difficulté avec les mouvements fonctionnels puisque la surcharge pondérale compromet la dynamique des mouvements, limitant ainsi l’activité physique. De plus, l’embonpoint et l’obésité modifient la structure musculosquelettique (en anglais seulement). On suppose même que de mauvais patrons de mouvements adoptés durant l’enfance pourraient causer des anomalies orthopédiques plus tard dans la vie et empêcher d’accomplir certaines tâches quotidiennes.

Surpoids, obésité et habiletés motrices inadéquates : comment régler le problème?

Pour trouver une solution au problème du surpoids et de l’obésité, il faut adopter une approche pluridimensionnelle (en anglais seulement). Pour ce qui est des habiletés motrices fondamentales, il existe quelques moyens simples de les développer. 

L’un de ceux-ci est l’entraînement par le mouvement, comme dans le cadre de cours d’éducation physique et de sports organisés. Le jeu actif quotidien en est un autre. M. Gregory souligne que l’une des meilleures façons d’apprendre la mécanique des mouvements, c’est le jeu actif traditionnel.   

« Nous essayons d’enseigner aux enfants qui consultent pour un problème précis comment faire bouger la partie du corps concernée. Parfois, ils apprennent d’eux-mêmes en tombant et en se relevant qu’on ne peut sauter à plus d’une certaine hauteur, par exemple. Plus ils s’exercent et sautent fréquemment, plus ils développent leur force et découvrent certaines subtilités sur la façon d’atterrir et de positionner leur centre de gravité afin d’éviter naturellement les blessures. »    

Le meilleur remède est la prévention

De nombreux facteurs contribuent à l’inactivité chez les enfants, mais le déconditionnement et les faibles habiletés motrices pèsent lourd dans la balance. Si vous soupçonnez que votre enfant a de la difficulté à faire de l’exercice physique en raison d’une mauvaise maîtrise des mouvements fonctionnels, consultez un pédiatre, un physiothérapeute ou un chiropraticien. Vous pouvez également parler avec son enseignant en éducation physique et consulter nos aide-mémoire pour déterminer où il se situe dans son savoir-faire physique. 

La meilleure façon d’éviter les problèmes locomoteurs est de faire de l’exercice physique dès le plus jeune âge. Si vous avez un enfant d’âge préscolaire, faites des activités physiques amusantes avec lui à la maison. Vous pouvez également vous inscrire à l’infolettre Active Start (en anglais seulement) pour vous inspirer. Si vous avez des enfants d’âge scolaire, cherchez des programmes sportifs de qualité et structurés. Le mot d’ordre : plaisir! S’ils s’amusent, vos enfants seront plus enclins à demeurer actifs toute leur vie.    


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