Les filles et le sport : des problèmes de santé potentiels bien à elles 

Les filles et le sport : des problèmes de santé potentiels bien à elles 

Troubles alimentaires, blessures qui mettent fin à une carrière, impacts sur la santé à long terme nébuleux… Les adolescentes sportives peuvent souffrir de problèmes de santé graves si on ignore les changements corporels provoqués par la puberté. 

Depuis 30 ans, d’importantes avancées théoriques ont été accomplies pour comprendre leurs besoins particuliers – des études alimentées pour la plupart par les témoignages d’athlètes sur leurs traumatismes physiques, mentaux et émotionnels dans leur quête d’excellence à l’adolescence.

Les problèmes les plus fréquents? Les lésions au ligament croisé antérieur (LCA), bien plus fréquentes chez les filles que chez les garçons, et un ensemble malsain de trois problèmes interreliés, soit la triade de l’athlète féminine, ou déficit énergétique relatif dans le sport (DERS). 

Si votre fille fait du sport ou de l’activité physique, informez-vous sur ces risques.

Lésions au ligament croisé antérieur

Les articles cités ci-dessous ne sont disponibles qu’en anglais

Lorsque le Title IX of the Education Amendments (Titre IX des amendements en éducation) a été adopté en 1972 aux États-Unis, le sport a rapidement gagné en popularité auprès des adolescentes, qui profitaient des nombreuses portes nouvellement ouvertes pour elles au secondaire et à l’université. Le nombre de sportives a explosé, de même que le nombre de lésions au LCA. 

On a depuis pu estimer que, selon l’âge et le sport, les femmes souffrent d’une lésion au LCA de deux à huit fois plus souvent que les hommes. Cette blessure peut mettre fin à leur carrière : beaucoup d’études ont donc été réalisées pour tenter de comprendre cette disparité entre les sexes.

Selon certaines théories, les changements hormonaux chez les adolescentes (en particulier les niveaux d’estrogène et de progestérone) seraient en cause : ils rendraient les ligaments du genou plus laxes et donc plus susceptibles d’être soumis à de mauvaises tensions. D’autres études affirment plutôt que c’est simplement leurs hanches qui sont plus larges que celles des garçons, ce qui crée une pression disproportionnée sur les genoux et les chevilles, ou encore, que les filles ont tout bonnement des ligaments croisés antérieurs plus petits. La théorie la plus appuyée avance qu’il s’agirait surtout d’une question neuromusculaire : les bons muscles ne seraient pas sollicités en courant et en sautant (décélération, changements de direction, atterrissage). 

Des programmes d’exercices ont ainsi été élaborés pour contrer cette tendance en montrant comment activer les bons muscles et répéter les bonnes séquences de mouvement avant l’entraînement ou les compétitions. On peut penser, par exemple, au programme PEP de Santa Monica (un des premiers du genre), et au programme FIFA 11+, conçu pour les joueuses de soccer.

La triade de l’athlète féminine, ou déficit énergétique relatif dans le sport

Mis à part les lésions du LCA, c’est la triade de l’athlète féminine, ou déficit énergétique relatif dans le sport (DERS), qui constitue la principale menace pour les athlètes adolescentes. 

C’est ainsi qu’on désigne le cercle vicieux entraîné par trois facteurs interdépendants : le déficit alimentaire et de récupération (basses réserves d’énergie); les dérèglements hormonaux et menstruels; et la réduction de la densité minérale osseuse résultant des deux premiers facteurs, pouvant causer fractures (à court terme) et ostéoporose (à long terme). 

À l’adolescence, les hormones des filles changent drastiquement. L’estrogène augmente, amenant une augmentation du tissu adipeux, en particulier aux hanches, aux cuisses et à la poitrine, ce qui souvent équivaut à une perte de vitesse et d’agilité, du moins temporairement, le temps que le corps s’adapte. 

Mais pour éviter de prendre du poids et rester compétitives, les jeunes sportives se sentent souvent obligées de moins manger tout en maintenant leur niveau d’entraînement. Malheureusement, c’est souvent là que se développe le DERS, qui peut causer l’aménorrhée et la diminution de la densité minérale osseuse. Essentiellement, ces athlètes mettent leur santé (de même que leur performance à long terme) en péril dans l’espoir de retombées plus immédiates.

Les sportives témoignent   

La coureuse de fond olympique Alexi Pappas s’est livrée sur les difficultés qu’elle et ses camarades de classe ont traversées à l’adolescence. L’une de ses comparses a développé un trouble alimentaire en tentant de maintenir son poids, et le mélange de surentraînement et de déficit calorique lui a causé des blessures chroniques tout au long de son parcours universitaire. Une histoire semblable à celle vécue par Kate van Buskirk, la détentrice du record canadien pour le mille intérieur, qui a parlé de ses longues phases au secondaire à combattre un trouble alimentaire, dans sa quête de perte de poids. 

Ces témoignages illustrent parfaitement la triade de l’athlète féminine et montrent que parfois, la recherche de l’excellence se fait au prix de grandes blessures physiques, mentales ou émotionnelles.

Votre rôle comme parent

Vous avez, comme parent, de précieuses ressources à votre disposition pour réduire les risques de santé qui guettent votre jeune sportive. D’abord, apprenez-lui à comprendre ses besoins énergétiques et parlez-lui de l’interrelation entre alimentation, santé osseuse, cycle menstruel, et risque de blessures. Assurez-vous ensuite qu’elle mange trois repas par jour, complémentés par des collations santé selon ses besoins. Finalement, soyez à l’affût pour une perte de poids anormale, un problème du cycle menstruel, ou un changement d’humeur qui persiste. 

Vous devez prendre conscience des risques de santé pour votre jeune sportive, particulièrement si elle consacre beaucoup de temps à son entraînement et aux compétitions. La puberté et l’école secondaire, en quelques années, c’est terminé… mais leur corps, elles devront le garder pour le reste de leur vie. 

  


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