Le parcours multisports d’une arbitre de la FIFA

Le parcours multisports d’une arbitre de la FIFA

Depuis que j’ai commencé à arbitrer au soccer il y a quatre ans, je me retrouve à suivre les officiels de la FIFA davantage que les joueuses… Christine Sinclair et Arjen Robben restent mes coups de cœur, mais ce sont les hommes et femmes à l’uniforme zébré qui retiennent mon attention.

Comment se positionne l’arbitre sur le terrain? Comment, dans le feu de l’action, l’adjoint détermine-t-il s’il y a hors-jeu? Voilà les questions que je me pose, et pour lesquelles j’ai hâte de trouver réponse cet été à la Coupe du monde féminine de la FIFA au Canada.

C’est donc évidemment avec plaisir que j’ai accepté lorsqu’on m’a demandé d’être l’adjointe personnelle de l’arbitre de la FIFA Carol Anne Chénard à la Conférence ontarienne sur le développement du soccer, à Waterloo (Ontario).

L’expérience s’est avérée encore plus trépidante que je l’avais imaginé. En plus d’être VIP par association, j’ai eu le privilège de participer aux présentations et aux séances sur le terrain que dirigeait Carol Anne.

Ayant su que je courrais sur le terrain aux côtés d’une arbitre de renommée internationale, j’y aurais pensé deux fois avant de mettre un pantalon et des chaussures de ville. Fermeture de la parenthèse.

En plus de manier le sifflet aux côtés de Carol Anne, j’ai eu la chance de m’entretenir avec elle sur son parcours vers les hautes sphères du soccer international.

Avant que le soccer prenne toute la place, Carol Anne pratiquait plusieurs sports. À la fin de son secondaire, elle a été nommée athlète de l’année par son école. Elle faisait de la compétition en volleyball, basketball et soccer, mais elle est surtout connue pour ses six médailles en Coupe du monde et son record du monde au relais 3 000 m en patinage de vitesse courte piste.

Quand Carol Anne me parlait de l’importance de l’entraînement complémentaire et attribuait à son cheminement multisports sa force physique générale et sa propension à éviter les blessures, j’avais l’impression qu’elle lisait dans mes pensées de collaboratrice à Actif pour la vie.

Aujourd’hui, Chénard est une des arbitres les plus réputées de la planète soccer, officiant toutes les grandes épreuves : Coupe du monde FIFA 2011, Olympiques de Londres 2012, finales de Coupe du monde U-20 (2010, 2014).

Quand j’ai abordé la question des avantages de son boulot, elle a tout de suite fait le lien avec son second métier : Chénard est aussi chef d’équipe chez Santé Canada, où elle dirige une grande équipe et s’occupe de dossiers importants, des fonctions qui l’amènent souvent à puiser dans ses compétences en « gestion des joueurs ». D’ailleurs, sa capacité de prendre des décisions rapides et éclairées sous pression comme arbitre lui donne confiance lorsqu’elle doit prendre des décisions importantes au bureau. Et inversement.

Chénard parle anglais, français et espagnol, mais, dit-elle, le langage corporel et le ton suffisent souvent pour transmettre un message. Elle a acquis une précieuse expérience politique et culturelle au fil de ses mandats d’arbitre, sans mentionner tous les beaux endroits qu’elle a eu la chance de visiter.

Quand elle voyage pour la FIFA, cependant, il faut dire qu’elle a rarement le temps de jouer les touristes. L’horaire des arbitres ressemble à celui des joueurs, l’entraînement et les réunions occupant la majorité du temps. Les arbitres sont des athlètes au même titre que les joueurs, et c’est un entraînement d’athlète auquel se livre Chénard.

En plus d’entraîner un club de patinage de vitesse courte piste deux fois par semaine, elle trouve le temps de parler aux jeunes de son parcours d’arbitre FIFA et de promouvoir la participation à une variété d’activités.

À l’image de son propre vécu, elle croit à l’importance de développer une diversité d’habiletés et de faire vivre au cerveau différentes expériences. Loin d’être l’apanage des futurs athlètes, ces habiletés ouvrent les jeunes à un monde de possibilités, dont une carrière comme arbitre professionnelle.

Je vais me rappeler longtemps de ma fin de semaine en compagnie de Carol Anne Chénard. Sa passion, sa concentration et sa détermination sautaient aux yeux, mais c’est sa compassion et sa générosité envers les arbitres de la relève qui m’ont le plus impressionnée. Le message qu’elle martèle aux entraîneurs et arbitres : ne soyez jamais limités par votre préparation ou par vos connaissances.

Pendant la Coupe du monde, tous les yeux sont rivés sur elle lors des décisions critiques. Des décisions pour lesquelles elle se prépare toute sa vie.

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