Le simple plaisir de grimper dans les arbres

Le simple plaisir de grimper dans les arbres

Dans la cour de mon enfance, il n’y avait pas de structure de jeu à deux étages ni de piscine, et pourtant, nous n’étions jamais à court de choses à faire, mon frère et moi (ainsi que les enfants du voisinage qui venaient régulièrement chez nous). 

With a smile on his face, the author's brother swings on an empty fridge box hanging from a tree in their childhood yard.
Le frère de l’auteur sur la balançoire de boîte de frigo

Le jeu « Feu rouge, feu vert » était très populaire pendant les après-midi d’été, et les chaises de jardin et les balais servaient à créer de difficiles obstacles à sauter. Le jour où mon père a suspendu une boîte de frigo vide dans notre énorme érable pour en faire une balançoire improvisée est resté dans les mémoires.

Ce sont toutefois les deux pommiers noueux situés le long de la clôture qui ont suscité le plus d’action. Tout au long de l’année, leurs branches inclinées étaient le support de conversations tranquilles entre amis au milieu des bourgeons parfumés du printemps, ou encore de courses pour essayer d’être le premier à se suspendre à l’envers à la plus haute branche. Ces arbres jumeaux ont grandi avec nous jusqu’à ce que, finalement, leurs branches ne nous semblaient plus aussi hautes. Et puis, une nouvelle génération d’enfants est arrivée.

Alors que mon amour pour les arbres et pour la tranquillité d’esprit qu’ils procurent ne cesse de se renforcer au cours des années à travers des promenades et des randonnées dans les bois environnants et dans les forêts lointaines, mon fils de neuf ans a une attitude beaucoup plus pragmatique à l’égard des arbres. « Les arbres, dit-il, sont faits pour grimper. » S’autoproclamant « expert en aires de jeux » (article en anglais), il se fatigue parfois des barres de singe et des structures en plastique et en métal pour partir à la conquête de la zone boisée autour des parcs. 

« Tu crois que je peux faire ça? », demande-t-il en indiquant de la main un tilleul ou un chêne. 

« Je ne sais pas. Penses-tu que tu peux le faire? » Sur ce, il est parti, examinant la hauteur et la solidité des branches et planifiant mentalement un parcours avant de grimper.

Une activité simple et bénéfique

Grimper les arbres, vieux jeu (et parfois oublié) de l’enfance, est l’une des formes de plaisir le plus simple pour de nombreux enfants. Bien que certains parents puissent être réticents envers cette activité souvent perçue comme risquée, certaines recherches ont montré que c’est une activité bénéfique pour les enfants et qu’elle présente de nombreux avantages pour leur développement. 

  • Pour grimper dans les arbres, il faut bouger tout le corps, ce qui est un excellent moyen d’accroître la force physique et la motricité globale.
  • Grimper développe le système vestibulaire, le système qui transmet le sens de l’équilibre et les informations sur la position du corps.
  • Les enfants exercent leur motricité fine et développent leur préhension, leur force et leur dextérité.
  • Cela améliore la coordination entre les mains et les yeux. 
  • Tous ces efforts d’étirement et d’extension peuvent aider les enfants à devenir plus souples.
  • Les enfants peuvent résoudre des problèmes en situation réelle en déterminant quels sont les pas à suivre et où les prendre.
  • Cette activité peut améliorer les compétences cognitives et la prise de conscience de l’orientation et du positionnement du corps (proprioception).
  • Elle aide à améliorer les compétences cognitives et la mémoire opérationnelle, c’est-à-dire la gestion des informations dans un contexte de jeu actif.
  • Grimper les arbres peut aider à développer la confiance en soi et le goût de bouger—ce qui est essentiel à la littératie physique.
  • Les branches lisses, l’écorce rugueuse et les feuilles aromatiques permettent aux enfants de profiter d’une expérience sensorielle.
  • En grimpant les arbres, les enfants se rapprochent de la nature, ce qui améliore leur bien-être mental et réduit leur stress.
  • L’enfant est capable de jouer de manière autonome.

« Selon les résultats, même si cette activité peut entraîner des blessures mineures, grimper les arbres est une activité extérieure qui est relativement sûre. Les enfants qui ont l’occasion de participer à des jeux risqués comme celui se développent sur le plan social, émotionnel, physique, cognitif et créatif, et sont plus résilients. »

-Étude sur les avantages et les risques de grimper les arbres

De plus, en grimpant dans les arbres, les enfants acquièrent des compétences qui peuvent être transférées à d’autres activités et sports. Pendant une visite récente dans un centre d’escalade de bloc, mon fils a regardé le mur devant lui, très confiant dans ses capacités d’escalade. « Je peux grimper au sommet de ce grand arbre dans la cour, je peux le faire ».

Mais grimper dans les arbres ne se limite pas à un exercice physique et peut aussi devenir une occasion de s’exercer à l’imagination. Pour mon fils, les arbres ont été des vaisseaux spatiaux équipés d’un laboratoire scientifique, de chambres à coucher et d’une cuisine à chaque étage de l’arbre. Ce sont des endroits où l’on peut passer du temps avec des doudous pour partager un thé, et ce sont des endroits secrets où l’on peut se réfugier loin de ses frères et sœurs, ou se reposer avec une glace et un bon livre. Grimper aux arbres et chercher à trouver l’arbre « parfait » encourage également l’exploration et la connexion avec la nature. 

« Maman, regarde ça! » appelle-t-il avant d’attraper une branche autrefois hors de sa portée. 

« Attends, » je lui réponds. « Je monte pour te rejoindre! »

Photos reproduites avec autorisation de Christine Latreille.


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