Winsport Canada transforme la vie des enfants

L’enthousiasme de Jennifer Konopaki est contagieux. En tant que Directrice de Vies Actives pour WinSport Canada ― et maman de deux enfants âgés de 5 et 6 ans, elle a eu la possibilité d’apprendre en personne combien les habiletés motrices fondamentales sont importantes.

Jennifer est la force conductrice qui aide l’organisme basé à Calgary à développer un impressionnant programme de littératie physique… qui a eu un impact profond sur la vie des enfants.

Ici, elle raconte la fascinante histoire des débuts du programme, comment il a évolué et pourquoi elle est autant exaltée à propos des résultats qu’elle voit.

Comment le processus d’intégrer la littératie physique a-t-il pris forme à WinSport?

En tant que groupe, nous avons réalisé que nous devions incorporer des éléments de la littératie physique à notre programmation et tout le monde a pensé,  « bon comment allons-nous faire cela… nous n’avons pas le budget… à quoi cela ressemble-t-il? ».

Et un jour d’hiver, pendant les cours de ski et de snowboard, j’ai jeté un œil par la fenêtre. Il y avait un groupe d’écoliers qui était là pour apprendre à skier. Ils s’échauffaient au bas du remonte-pente et l’instructeur les faisait sautiller sur une jambe jusqu’en haut de la pente sur à peu près 20 pieds, puis redescendre en sautillant sur l’autre jambe… Et exécuter une multitude d’habiletés motrices non reliées au ski ou au snowboard d’aucune manière.

L’instructeur avait incorporé des éléments de la littératie physique dans l’échauffement de leur leçon de ski. Et cet instructeur n’avait pas eu de formation. J’ai intercepté le groupe et leur ai dit. Regardez, ça se déroule ici même. Voici un formidable instructeur qui enseigne depuis longtemps et qui le fait presque intuitivement. Il nous faut juste déterminer comment amener cela aux instructeurs qui ne sont pas aussi expérimentés. Et ne me dites pas que vous ne pouvez pas l’intégrer à quoi que ce soit. «Que ce soit au hockey, au patinage ou au VTT…»

Le développement des activités de la littératie physique s’est vraiment amélioré chez WinSport, notamment cette dernière année. Comment le processus a-t-il évolué?

Un mouvement s’est définitivement créé. L’année dernière, nous avons essayé d’enrichir notre programmation avec la littératie physique. Cette année nous passons à l’action. Et c’est la différence. Nous n’en serions pas où nous en sommes actuellement si nous ne l’avions pas au moins essayé.

Ce qui a changé, c’est que l’année dernière nous étions seuls. Nous avons essayé de créer nos propres plans de cours. Nous avons essayé de former notre personnel. Et nous avons essayé de le mener à terme. Et les enfants nous ont dit : «c’est ennuyant» ou «ce n’est pas ce que je préfère» ou «ce n’est pas terrible.» Tandis que cette année, nous nous sommes adressés et avons tiré profit de l’expertise de notre entourage. Nous avons fait appel à un expert, Dr Dean (Kriellaars) qui a formé le personnel et qui nous a fourni des plans de cour et une formation aux arts du cirque. Nous avons investi dans du matériel de littératie physique. Nous avons fait en sorte que le personnel en saisisse le sens, leur avons donné les outils nécessaires et leur avons offert une semaine de formation qui entrait dans le cadre de leur emploi.

Nous l’avons donc intégré. Ça fait partie du camp, c’est tout, au même titre que les politiques et les procédures.  Ça fait partie intégrante de la formule à présent. Nous nous sommes engagés à faire de la littératie physique l’épine dorsale de tout.

Avez-vous remarqué une amélioration significative?

Immédiatement. La qualité est sans égale. Vous ne pouvez même pas comparer cette année à l’année dernière. À présent, lorsque j’observe les séances d’activités de littératie physique, je suis galvanisée parce que ces enfants bougent. Ils développent des habiletés juste devant vos yeux. Les instructeurs facilitent grandement les sessions d’activités dans un but bien précis… Et c’est assez stupéfiant. Mais le plus valorisant est peut-être les commentaires que nous ont faits les instructeurs après leur formation. Ils disaient, « Wow, je ne pensais pas que ce serait aussi facile à faire, et à présent, j’ai les outils et la confiance pour persévérer et le faire. ».

Quels sont les principaux éléments qui amènent les enfants à essayer de nouvelles activités?

Il leur faut un environnement sécuritaire, encourageant et positif et ils doivent être pris en main.

Peut-on dire que mieux les instructeurs sont formés et plus les enfants vont s’amuser en étant motivés par ces activités?

Absolument. Les instructeurs y ont adhéré. Et la façon de les faire adhérer ― comme les parents d’ailleurs, c’est de définir; vous devez donner une signification et leur indiquer comment livrer la séance, la leçon, le cours. Et ça, c’est l’élément critique. Les instructeurs sont plus confiants et ont une meilleure compréhension de ce qu’ils font. Cela équivaut instantanément à un enseignement de qualité…. qui équivaut à du plaisir.

Donnez-nous des exemples d’activités WinSport qui fonctionnent bien

Nous sommes passés d’une activité de littératie physique au saut à ski, au tir a l’arc, au biathlon, etc.  L’année passée ils ont eu une session d’habiletés motrices fondamentales; à présent ces enfants en ont 3 à 4 par semaine. La qualité, l’amusement et le niveau d’implication sont maintenant au niveau requis. Et les enfants passent un super moment. Nous avons aussi incorporé une session de jeux libres dans notre horaire quotidien. Les parents ont l’horaire imprimé et ils peuvent lire « jeu libre » et « physiquement enrichi ». Nous avons beaucoup d’arbres autour de notre parc… et nous avons des séances d’une demi-heure lors desquelles les enfants bénéficient d’un espace où ils peuvent profiter de jeux libres — ils peuvent explorer et découvrir, avantageant leur propre session. L’instructeur n’est là que pour la supervision et les conseils.

Quels progrès avez-vous remarqués chez les enfants?

Je vois tout ce qui se passe chaque jour juste devant moi. Je suis allée voir le saut à ski par exemple et j’ai observé les enfants sortis de leur zone de confort, réalisant une habileté qu’ils n’ont jamais faite avant, indépendamment de leur âge et aptitude. Ils ont leurs skis et leurs bottes aux pieds, ils ont peur, ils sont inquiets, ils regardent droit dans les yeux de leur instructeur en se demandant s’ils vont ou non y arriver. Puis il y a l’instant précis où l’instructeur dit : OK on y va…

Puis vous voyez ces mêmes enfants rendus en bas de la piste et ils sont follement heureux. Ils sont si fiers de ce qu’ils ont accompli. La validation est immédiate, un regain de confiance en soi instantané. Ils remontent en courant en haut de la colline et sont prêts à recommencer. Ce petit garçon en haut de la colline n’était plus le même garçon une fois qu’il avait dévalé la pente. C’était un moment magique. (Voir le vidéo dans une activité risquée.)

J’ai dit aux instructeurs : «Vous devez comprendre l’autorité que vous exercez ― ces enfants sont en train de se transformer devant vous parce que vous les encouragez en permanence à entreprendre de nouvelles choses.»

Notre philosophie au camp est : «Le seul échec serait de ne pas essayer.»  Il est important d’essayer le plus de choses possible et de communiquer avec les parents à ce sujet; soulignez qu’il est important d’exposer les enfants à une multitude d’activités diverses.

Est-ce que les parents remarquent une différence auprès de leurs enfants?

Nous voyons la transformation à une échelle communautaire juste devant nous. En fait, un parent est venu me voir la semaine dernière en me disant : «je ne sais pas ce que c’est, mais le camp est différent cette année. Je peux voir les changements chez mon enfant lorsque je viens le chercher en fin de journée.»

Et ces paroles m’ont donné la chair de poule.

Les enfants remplissent un journal de littératie physique. En quoi cela peut-il aider?

Il y a toujours eu des arts et de l’artisanat. Nous avons même à un moment donné, pensé à les retirer pour être plus axés sur les activités. Mais en parlant avec Dr Dean à la conférence internationale de la littératie physique, il nous a fortement recommandé de garder ce programme, mais en le simplifiant.

Nous avons alors convenu que les enfants créeraient un journal dans lequel ils pourraient documenter leurs journées tout au long de la semaine. Que ce soit au travers d’images ou de mots, vous avez là un outil sous la main qu’ils peuvent rapporter chez eux à la fin de la semaine à utiliser pour aider à communiquer avec les parents sur le plan émotif. Les parents peuvent alors parcourir le journal avec leur enfant et l’enfant peut exprimer ce qu’il a fait et ce qu’il a aimé. Vous avez immédiatement le point de départ d’une conversation et le parent a à son tour un point de départ d’un lien affectif avec ce que nous essayons de faire en tant que programmateurs publics.

Ça, c’est le concept derrière cela. Que l’enfant se dessine en train de lancer quelque chose ou de descendre une glissade d’eau n’a aucune importance.

Le national Post vient de publier un article sur la littératie physique dans lequel on pouvait entre autres lire que le concept était simplement une chose de plus dont les parents devaient se soucier dans leur vie déjà exténuante… ou qu’il était ridicule de devoir «faire une chorégraphie» du jeu de l’enfant. Que dites-vous aux gens qui sont débordés ou qui voient la littératie physique comme superflue ou contre-intuitive?

Je pense que ce que nous tenions pour acquis a à présent disparu. Il est regrettable que de nos jours nous devions faciliter des choses qui étaient à une époque monnaie courante : aller à l’école à pied, parcourir et explorer, construire des châteaux forts, jouer à l’extérieur jusqu’à la nuit, être dehors sous la pluie et la neige… etc.  Que nous aimions cela ou non, ce n’est pas la réalité de l’environnement dans lequel les enfants sont élevés de nos jours.

Si vous aviez un conseil pour les parents débordés qui veulent s’assurer que leurs enfants pratiquent les activités dont ils ont besoin, quel serait-il?

Je commencerais par le commencement avec la base. Autrement dit, connaître c’est tout. Connaître la définition. Avoir conscience du concept. Donc si par exemple vous vous retrouverez au parc après l’école, vous aurez peut-être tendance à vouloir rapidement rentrer chez vous. Au lieu de cela, il est important de comprendre que le temps passé au terrain de jeu est précieux, qu’il ne faut pas les empêcher vos enfants d’être là; vous ne devriez pas vous dépêcher de rentrer chez vous après le soccer. Vous allez plutôt y passer du temps.

Ne soyez pas impatient. Laissez-leur leurs 60 minutes. Rien n’est plus important que ce qui s’y passe. Prenez le temps et laissez-les développer leurs habiletés motrices devant vous, et aidez-les à tirer les conclusions pour le reste de leur vie. Il est important de comprendre la valeur de cela en tant qu’élément critique du développement de votre enfant.

Définition, conscience et compréhension ― c’est aussi simple que cela.

Explorez la littératie physique à travers le Canada

Camp de jour Dorval — Montreal, QC

Totum Life Science — Toronto, ON

WinSport Canada — Calgary, AB

Richmond Oval — Richmond, BC

Pacific Institute for Sport Excellence — Victoria, BC

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *