« Screenagers » : un documentaire sur l’adolescence à l’ère numérique

De l’histoire d’une jeune fille dont l’égoportrait envoyé à un garçon est devenu viral à celle d’un ado qui a perdu contact avec sa famille à cause des jeux vidéo, le documentaire Screenagers (version anglaise) illustre, par une série de portraits, le défi complexe qui se pose aux parents d’aujourd’hui : gérer le temps passé devant les écrans à l’ère de l’omniprésence du contenu numérique.

À qui s’adresse le film?

La créatrice et réalisatrice du documentaire, Delaney Ruston, est aussi médecin et mère de deux enfants. Sur le site Web promotionnel du film, la Dre Ruston décrit la dépendance aux téléphones intelligents, aux jeux vidéo et aux écrans en général comme « l’un des plus grands problèmes que devront affronter les parents, toutes époques confondues ».

Elle « souhaite de tout cœur que le film lance une discussion entre les parents, les éducateurs et les enfants sur les changements à apporter, non seulement à la maison, mais aussi dans les écoles et les communautés. »

Le documentaire s’adresse à tout le monde, mais il est filmé d’après la perspective d’un parent. Fait intéressant : les adultes et les enfants ont ri à des moments différents du film. Les parents s’amusaient des enfants perdus dans des mondes virtuels, tandis que les enfants se moquaient de la naïveté des adultes. Une parfaite illustration du fossé entre les générations.

Screenagers

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Réalisatrice : Delaney Ruston
Année : 2016
Maison de production : MyDoc Productions
Format : Projections communautaires et scolaires
Durée : 70 minutes
Classement de la MPAA : Aucun

Temps d’écran : Un souci pour bien des parents

Je suis père de deux adolescents, et je me soucie du temps qu’ils passent devant des écrans. C’est pourquoi j’ai assisté à la projection. J’ai appris que je n’étais pas seul à m’inquiéter.

Les Services sociaux de Banff en Alberta, où je vis, avaient organisé la projection. À première vue, une ville célèbre pour le sport et les activités de plein air devrait être moins vulnérable à l’attrait des écrans, mais il s’agit en fait d’un problème universel. À ce jour, plus de 2 000 communautés aux États-Unis et au Canada ont organisé des projections du documentaire.

Peu importe où vous habitez, vous êtes probablement déjà confrontés (ou vous le serez bientôt) au problème de gérer le temps d’écran de votre enfant.

Les parents cherchent des solutions

Après la projection a eu lieu une table ronde avec un psychologue spécialiste des services de santé mentale et des dépendances, un coordonnateur de programmes jeunesse et des étudiants. En écoutant les panélistes et les personnes de l’auditoire, j’ai compris une chose : les enfants et les adultes ne perçoivent pas du tout l’enjeu de la même manière. Comme l’a montré le documentaire, les tentatives des parents pour régler le problème se transforment souvent en querelles intestines.

Le film proposait des solutions, surtout sur la manière de communiquer nos inquiétudes aux enfants. Screenagers m’a aidé à mieux comprendre les différents malaises que je ressens quand j’affronte le problème. Il m’a permis de tirer les choses au clair.

Par exemple, la Dre Sherry Turkle a mis en évidence les effets de la sollicitation constante de nos enfants à l’ère numérique :

« Les études sur le fonctionnement multitâche ont révélé quelque chose de fascinant : même si notre travail nous semble toujours meilleur, il est dans les faits pire à tous les égards. »

J’ai toujours « senti » que c’était nocif pour mes enfants d’être sur Snapchat en faisant leurs devoirs, mais maintenant je sais pourquoi. J’ai des faits à exposer et j’ai trouvé les bons mots pour m’exprimer. Je peux donc en discuter clairement avec mes enfants.

Ressources pour les parents

Le site Web du film m’a été très utile. J’ai particulièrement aimé les articles de la Dre Ruston, qui sont remplis de suggestions pratiques, par exemple sur la gestion du temps d’écran pendant les vacances estivales. On y trouve aussi un test de dépendance aux jeux vidéo et à Internet.

Une projection de Screenagers dans votre communauté

Je vous recommande fortement de regarder ce documentaire avec votre enfant ou ado. Si aucune projection n’est prévue dans votre région, vous pouvez en organiser une. Grâce au film, des centaines de parents de ma communauté et moi sommes bien informés de cet enjeu préoccupant. Et nous pouvons maintenant trouver des solutions ensemble.

Pour citer Peggy Orenstein, auteure de Cinderella Ate My Daughter : « Nous ne pouvons jeter le blâme sur les écoles. Les parents sont en cause. Nous devons trouver la solution en communauté. »

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