
Un aperçu du développement cérébral chez les adolescents
La plupart des gens savent que les premières années, avant l’âge de six ans, sont importantes pour le développement mental, physique, social et émotionnel d’un enfant. Mais saviez-vous qu’entre 13 et 24 ans environ, les adolescents subissent des changements cérébraux intenses qui sont tout aussi importants pour leur développement mental, physique, social et émotionnel ? Les premières années et l’adolescence sont deux « âges opportuns » extrêmement importants.
Il est facile de confondre un adolescent ou un jeune adulte avec un adulte. Mais d’un point de vue cérébral, ils sont très différents et les changements se produisent en temps réel. L’évolution a préparé les changements cérébraux à commencer à l’adolescence dans le but d’encourager l’enfant à oublier la sécurité et la protection du foyer familial et à s’aventurer dans une toute nouvelle communauté où il pourrait trouver un partenaire.
Les experts s’accordent à dire que cette poussée évolutive explique pourquoi les adolescents et les jeunes adultes sont prêts à prendre des risques et à rechercher des récompenses. Ils deviennent aventureux, testent leurs limites et s’adonnent à des expériences risquées. À chaque difficulté surmontée et chaque virage pris, leur cerveau les récompense. Et ils sont en quête de récompenses.
L’influence des amis sur le cerveau des ados
L’évolution aide aussi à comprendre pourquoi les ados et les jeunes adultes détournent leur attention des adultes, même de leurs propres parents, pour la porter sur leurs amis. C’est dans leur groupe d’amis qu’ils trouveront leur partenaire. À cause de ces changements cérébraux, les ados sont super investis dans leur statut social. L’approbation de leurs amis peut leur sembler être une question de survie.
À ce stade, leur développement cérébral se caractérise également par une grande émotivité et une forte impulsivité. Ils explorent avec passion le nouveau monde de l’âge adulte et font toutes sortes d’expériences qui peuvent être positives ou les mettre en danger. Nous avons tendance à offrir davantage de protection aux jeunes enfants, mais c’est à l’adolescence que les jeunes sont trois fois plus susceptibles de mourir. Leur vulnérabilité peut être atténuée par la pratique d’un sport et une participation active à la vie sociale.

Le manque de sommeil chez les adolescents
L’un de leurs plus grands défis est que leur horloge biologique passe d’un rythme de lève-tôt (alouette) à un rythme où ils sont incapables de s’endormir avant tard dans la nuit, voire tôt le matin (hibou). Ils ne peuvent rien faire contre ce changement dans leurs habitudes de sommeil, mais nous n’adaptons pas la société à leur situation et, souvent, nous ne comprenons pas pourquoi ils manquent de sommeil.
Dans une société qui connaît peu le développement du cerveau des adolescents, les adultes peuvent être déconcertés et se montrer involontairement cruels. Les adolescents et les jeunes adultes ne peuvent pas contrôler ce qui se passe dans leur tête, tout comme ils ne peuvent pas empêcher les changements physiques liés à la puberté. Ils peuvent essayer, mais leur cerveau ne leur permet pas de s’endormir à 21 heures. Ils n’essaient pas de manquer de respect aux adultes en étant fascinés par leurs pairs. Ils ne sont pas exagérément émotifs exprès. Et pourtant, trop souvent, on les critique et on les rabaisse parce qu’ils sont épuisés, sensibles et émotifs.
L’activité physique est très bénéfique pour le cerveau des adolescents
Lorsque l’on sait que les adolescents doivent faire face à des changements cérébraux importants, il est conseillé de les maintenir actifs et en bonne santé pendant cette période difficile. Les sports ou les exercices d’aérobie de toute sorte, en particulier en groupe, créent un espace sûr où les adolescents peuvent prendre des risques, ressentir des émotions intenses, créer des liens avec leurs pairs et obtenir des récompenses saines. Il est extrêmement préoccupant que 70 % des jeunes abandonnent le sport (en anglais) au moment même où le développement du cerveau adolescent commence, à l’âge de 13 ans.
Si nous appliquons les sciences du cerveau aux adolescents et aux jeunes adultes dans le domaine du sport et de la vie active, nous avons plus de chances de les inciter à continuer à pratiquer une activité physique en créant des environnements où ils peuvent expérimenter sans craindre d’être jugés ou d’être humiliés devant leurs pairs. Nous pouvons les récompenser généreusement pour tous leurs efforts, car la science montre clairement que cela les motive et développe une mentalité de croissance qui les pousse à persévérer même lorsque les choses vont mal.
La bonne nouvelle, c’est que les adolescents ont une neuroplasticité intense, ce qui explique pourquoi ils apprennent si vite. Si nous travaillons en parallèle avec le développement de leur cerveau, si nous le comprenons et le soutenons, nous pouvons faciliter leur apprentissage et le développement de leurs compétences. L’adolescence peut être un « âge d’opportunités » pour le développement mental, physique, social et émotionnel, ou bien une période perdue.

La toxicité de la technologie pour le cerveau des adolescents
Non seulement les réseaux sociaux rendent les jeunes sédentaires et inactifs, mais ils les coupent également de toute relation humaine authentique, les exposent à une cruauté et à une pensée déformée bien trop fortes, et les enferment chez eux alors qu’il est largement prouvé que la nature est extrêmement bénéfique pour le cerveau.
Deux statistiques, parmi tant d’autres, devraient clairement montrer aux parents que, même si la technologie et les réseaux sociaux sont normalisés et même autorisés dans les écoles, ils sont extrêmement néfastes. Comme l’écrivent Tali Sharot et Cass R. Sunstein dans leur livre « Look Again », lorsque Facebook a été mis à la disposition de tous les étudiants des collèges et universités américains, la dépression a augmenté de 75 % dans cette tranche de la population. Les statistiques montrent également qu’entre 2007 et 2018, le taux de suicide chez les jeunes Américains âgés de 10 à 24 ans a augmenté de 57 % [PDF en anglais]. Ce déclin exponentiel de la santé mentale est directement lié à l’avènement d’Internet.
Les adolescents ont plus que jamais besoin de leurs parents, de leurs entraîneurs empathiques et d’adultes informés sur la phase intense de développement cérébral qu’ils traversent. Ils ont également besoin d’apprendre et de s’épanouir dans le monde réparateur et sain du sport et de l’activité physique pour traverser ces moments difficiles.



