La littératie physique : une recette simple pour inciter vos enfants à bouger davantage

Dans le premier article de cette série, nous vous avons présenté une recette simple et éprouvée pour faire bouger vos enfants : la littératie physique.  

« Le pouvoir de cette recette réside dans les trois ingrédients sains qui la composent et dont chacun amplifie les bienfaits des autres. C’est un cercle parfait. »

Richard Monette

Dans le deuxième article de cette série, nous avons expliqué combien cette recette est facile à retenir : tous les jours, servez des jeux et des activités favorisant le développement des habiletés, la confiance et l’amour du mouvement, dans des proportions à peu près égales. Vos enfants acquerront ainsi l’excellente habitude de bouger. 

Une recette revue et corrigée pour le monde d’aujourd’hui

La littératie physique est en fait une variante d’une recette qui existe depuis très longtemps. De nos jours, pour faire bouger les enfants, il faut effectivement s’y prendre un peu différemment.  

Notre société a beaucoup changé en très peu de temps. Apple a lancé le premier iPhone en 2007 (article en anglais). Depuis, les téléphones intelligents sont devenus plus puissants et plus faciles à utiliser, et créent une dépendance plus forte qu’avant (article en anglais). Pensez-y : votre téléphone fait maintenant partie de votre quotidien.

Songez maintenant aux enfants qui sont nés à l’ère du téléphone intelligent. Ils profitent d’un accès instantané et illimité à des sources de divertissement et de contacts sociaux. Comme ils ne savent pas résister à la tentation, ils baignent dans le monde numérique pendant plusieurs heures chaque jour. 

La technologie n’est pas le seul facteur qui incite les enfants à la sédentarité. Jouer dehors avec leurs amis n’est plus un fait du quotidien pour les enfants d’aujourd’hui, contrairement aux générations qui les ont précédés.   

Pleins de bonnes intentions, les adultes veulent assurer leur sécurité et leur interdisent de jouer dehors sans surveillance. De plus, certains milieux communautaires et certaines écoles interdisent bon nombre de jeux actifs (article en anglais) comme la tague ou le fait de lancer une balle.En une vingtaine d’années, les jeux extérieurs actifs ont été remplacés par des activités sédentaires intérieures. En conséquence, les enfants bougent moins (article en anglais) que jamais, et ce n’est pas une bonne chose.

L’ancienne recette ne fonctionne plus

Devant une génération d’enfants inactifs, certains continuent de se tourner vers des solutions qui fonctionnaient par le passé. La recette qu’ils utilisent consiste à dire aux enfants d’aller jouer dehors comme ils le faisaient eux-mêmes quand ils étaient petits.   

Pourtant, le monde a beaucoup changé et présente de nouveaux défis qui nécessitent de nouvelles solutions et de nouvelles recettes. 

Un article publié récemment dans The Atlantic (en anglais) montre ce qui se produit quand on utilise une recette désuète pour faire bouger les enfants. 

Le programme Fitness Now a été offert à l’échelle du Texas de 2007 à 2011. L’objectif était d’offrir aux jeunes du secondaire un régime quotidien d’éducation physique pour améliorer leur santé et leurs résultats scolaires. 

La plupart des gens ont trouvé l’idée excellente. Les enfants ont besoin de bouger tous les jours! S’ils le font à l’école, le résultat ne peut qu’être positif, non?  

Ce programme a été un échec. La santé et les résultats scolaires des élèves ne se sont pas améliorés.

Le rapport produit à l’issue du programme indique que le régime d’éducation physique proposé était dépassé et ne procurait aucun plaisir aux enfants. Pendant ces activités ennuyantes, certains élèves faisaient des bêtises ou séchaient les cours. 

L’un des problèmes était que le programme mettait trop l’accent sur l’acquisition d’habiletés aux dépens du plaisir et du jeu actif. Imaginez une rangée d’élèves de première secondaire qui doivent attendre chacun cinq minutes avant de botter un ballon de soccer. Si cette activité permet d’améliorer les habiletés, elle n’accroît en rien le niveau de confiance ni l’amour du soccer.

La recette proposée à ces jeunes avait mauvais goût. Elle comportait trop de directives et pas assez de jeu. Elle les a forcés à bouger à l’école, mais bien des jeunes en sont venus à détester l’éducation physique. 


À lire aussi : un article sur les bienfaits des programmes quotidiens de littératie physique pour les enfants


Le meilleur moment pour développer la littératie physique des enfants, c’est maintenant

Personne ne peut nier que l’activité physique est essentielle à la santé, à tout âge. C’est un fait indéniable et universel.

Il est donc alarmant de constater que les enfants grandissent aujourd’hui dans un monde qui les pousse à la sédentarité : 

  • Des parents tendent un iPad à leur enfant de deux ans pour l’occuper
  • Des garderies évitent de faire sortir les enfants quand le sol est mouillé
  • Des écoles interdisent certains jeux à la récréation de crainte d’être tenues responsables en cas de pépin 
  • Des préadolescents qui possèdent un téléphone intelligent sont bombardés de centaines de stimulus qui agissent sur le système de gratification du cerveau (article en anglais)

Tous ces facteurs incitatifs ont un effet cumulatif et poussent les jeunes vers la sédentarité, sans que personne n’en ait l’intention. Comme nous le savons tous, les habitudes prises en bas âge sont difficiles à briser.

« Tout élément de l’environnement, même léger, qui attire l’attention et modifie le comportement est un facteur incitatif. »

Citation tirée de cette vidéo de trois minutes (en anglais) avec Richard Thaler, co-auteur de l’ouvrage Nudge

Notre société doit relever le défi de faire bouger sa jeunesse. Pour y arriver, il faut compenser les nombreux facteurs qui incitent quotidiennement les jeunes à rester inactifs par autant d’invitations à bouger.

La littératie physique est la recette idéale pour atteindre cet objectif. Nous pouvons y arriver en servant aux enfants cette puissante recette partout où ils vont : à la maison, à la garderie, à l’école et dans les milieux communautaires. 

Imaginez un monde où les enfants choisissent de bouger parce qu’ils ont appris à aimer être actifs. Imaginez que ces mêmes enfants décident de rester actifs pendant l’adolescence et à l’âge adulte. Encore mieux : imaginez qu’ils élèvent eux-mêmes toute une génération d’enfants actifs et en santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *