Comment l’activité physique m’a aidée à guérir de la dépression post-partum

Je suis heureuse d’être mère. J’ai deux garçons formidables âgés de 9 et 14 ans. Mais mon expérience de la maternité ne s’est pas aussi bien passée que je l’avais imaginée. J’ai toujours su qu’avoir des enfants, ça change une vie, mais je n’avais pas prévu ce qui allait m’arriver avant, pendant et après ma première grossesse. Le diagnostic de ma dépression post-partum (PPD) a été le plus grand choc à encaisser. S’en est suivi un long processus de guérison, dont une part importante allait être l’adoption d’un mode de vie actif pour mon bébé et moi.

Le diagnostic – de la grossesse à huit semaines après l’accouchement

Ma mésaventure a commencé avant même la naissance de mon garçon. Au début, les rendez-vous médicaux m’angoissaient profondément, et j’étais obsédée par les barrières pour bébés. L’une de mes amies qui était déjà maman riait de moi. Elle disait que je n’avais pas besoin d’une barrière de sécurité les six premiers mois, mais je continuais à avoir ces pensées obsessionnelles.

Puis, il y a eu l’accouchement. Un difficile accouchement. Mon fils est né par une césarienne pratiquée d’urgence. J’étais en deuil : jamais je n’allais pouvoir vivre une « naissance naturelle ». Lorsque le temps était venu de quitter l’hôpital, j’avais si peur que j’ai demandé qu’on ne m’accorde pas mon congé. Je ne savais pas comment gérer la douleur postopératoire et je paniquais parce que je ne maîtrisais pas encore l’allaitement.

En catimini, mon mari rassurait les infirmières, leur disant que j’étais correcte et que je me sentirais mieux dans mes affaires à la maison.

Quand je suis arrivée chez moi, ma belle-mère nous attendait dans l’entrée avec des petits plats, des ballons et ses meilleurs vœux. Ce soir-là, j’ai eu ma première crise de panique. Je croyais faire une crise cardiaque. Le lendemain, une infirmière de santé publique nous a rendu visite à la maison. Elle m’a rassurée : je n’avais pas de problème cardiaque, mais j’avais sûrement eu une crise de panique.

Comprendre les différences entre le syndrome du troisième jour et la DPP

Les mamans confondent souvent le syndrome du troisième jour – les « baby blues » – et la DPP. La ressemblance entre les premiers symptômes peut laisser croire que la déprime sera passagère, ce qui retarde le diagnostic.

Si vous êtes nouvellement parent et croyez souffrir d’une DPP, n’ayez pas peur d’en parler à votre médecin ou à une infirmière de santé publique. C’est peut-être ce que vous ferez de mieux pour vous et votre bébé.

L’Association canadienne pour la prévention du suicide et La dépression fait mal offrent des ressources aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Si vous êtes en crise ou connaissez quelqu’un qui l’est, appelez au 9-1-1 immédiatement pour obtenir de l’aide.

La visite de l’infirmière s’inscrivait dans un programme de la ville de Toronto visant à venir en aide aux nouvelles mamans. Malheureusement, il ne prévoyait ni remise de dépliants ni sensibilisation sur la DPP. C’est ma cousine qui m’a poussée à aller chez mon médecin de famille, parce que je souffrais sans savoir quel mal ne rongeait.

Autres ressources : Les 10 choses les plus importantes que j’ai apprises durant la première année

Je savais que quelque chose clochait, bien avant mon examen post-partum, six semaines après l’accouchement. J’avais du mal à dormir en même temps que bébé et l’impression de sombrer peu à peu dans la folie. Mes crises de panique étaient de plus en plus fréquentes. J’en ai parlé à ma gynécologue, mais malheureusement – voire, scandaleusement –, elle n’était pas formée pour détecter ou traiter la DPP. Je ne savais plus vers qui me tourner.

Le saviez-vous? La dépression post-partum touche 15 % des femmes canadiennes.

Je me suis confiée à ma mère et à mon mari, mais j’ai senti qu’ils ne comprenaient pas ce que je vivais, qu’ils prenaient ma déprime à la légère. Tout le monde autour de moi semblait nier la réalité, se disant que devenir parent, ce n’est jamais facile, que cette déprime était donc tout à fait normale et pas nécessairement synonyme de dépression. Mais ma cousine, également nouvelle maman, me connaît bien. Elle voyait bien que quelque chose n’allait pas.

Le chemin de la guérison : sortir de l’isolement grâce à l’activité physique

Encouragée par ma cousine, je suis allée voir mon médecin de famille qui m’a finalement diagnostiquée en DPP. J’ai commencé à prendre des médicaments. Peu à peu, je redevenais moi-même. Je pouvais même continuer à allaiter sans danger pour mon bébé. J’étais enfin capable de dormir en même temps que mon fils, ce qui me faisait un bien énorme. Malgré tout, j’ai réalisé que la maternité me faisait sentir très seule, ce qui compliquait ma guérison.

Je me souviens avoir appelé mon mari, le premier jour de son retour au travail, pour lui en parler. À la blague, je lui ai demandé de rester à la maison pour que je puisse retourner travailler.

J’ai vite compris que la solution contre l’isolement était en fait plutôt simple : il fallait que je sorte et que je rencontre d’autres parents. J’ai commencé à fréquenter les centres de développement de la petite enfance de l’Ontario avec mon fils et à participer aux cours de conditionnement physique du programme Bébé et moi. Je me suis aussi inscrite à un groupe d’entraide pour personnes atteintes de dépression post-partum. Toutes ces activités m’ont permis de me faire de nouveaux amis avec qui faires des promenades ou participer aux heures de conte dans les bibliothèques et librairies.

J’ai vu une énorme différence. Le fait de partager ces activités avec mon fils a eu beaucoup de bienfaits sur ma santé et la sienne : j’étais moins anxieuse et lui, moins grognon. Et il dormait mieux!

« L’activité physique génère de l’endorphine, une hormone qui contribue à atténuer les symptômes de la dépression », explique (version anglaise) Candice Cunningham, entraîneuse et spécialiste des exercices correctifs prénataux et postnataux chez Aaptiv.

Voici quelques-unes de mes activités coup de cœur :

  • Faire de longues promenades au parc avec des pauses pendant lesquelles j’installais une couverture au sol pour jouer avec mon fils et le faire bouger, particulièrement à plat ventre.
  • Participer à des cours dans un centre de conditionnement physique près de chez moi offrant un service de garderie; mon fils jouait pendant que je m’entraînais.
  • Prendre des cours de yoga avec mon fils pour apaiser mon anxiété et renforcer mon lien avec lui de façon amusante.
  • Utiliser des haltères à la maison m’a aidé à retrouver de la force. Et pour rendre l’activité amusante, je faisais des grimaces à mon garçon tout en levant les poids.
  • Faire de la randonnée pédestre avec fiston dans un porte-bébé, c’est excellent pour remonter le moral!

J’ai finalement réussi à vaincre ma DPP. Je suis devenue une maman heureuse et sûre de moi, mais ce fut un long et pénible processus. Ç’aurait été bien différent si j’avais eu plus d’aide dès le début. Je sors grandie de cette expérience. Je ne regrette rien – cette épreuve m’a permis de trouver ma voix, de revoir mes priorités et même de me rapprocher de ma famille.

Conseils aux mamans en DPP

  • Un plan de naissance, c’est bien, mais préparez-vous aussi à vivre autre chose.
  • Familiarisez-vous avec les indices d’alerte et les différences entre la DPP et le syndrome du troisième jour.
  • Cherchez de l’aide médicale et du soutien psychologique pour pouvoir vous confier à d’autres gens que vos proches. Soyez honnête : parlez de ce qui va bien et de ce qui ne va pas; vous guérirez plus vite.
  • Adoptez un style de vie actif. Faites de l’exercice avec bébé et en compagnie d’autres parents. Avec de l’air frais et de l’activité physique, vous vous sentirez mieux… et moins seule.

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