Confessions d’une maman non sportive : Sara Smeaton

Une de mes anciennes amies m’a rappelé que j’avais fumé une cigarette avec des poids au poignet.

J’ai fait ceci, assise autour de la table de sa cuisine, après avoir enfourché mon nouveau vélo de montagne rose pour aller chez elle et redoutant la pente menant au retour pour rentrer chez moi. Elle me taquine encore à ce jour en me disant que le vélo est resté chez elle pendant 6 mois et que je l’ai remporté en taxi.

Cela brosse une triste, mais précise image de ma relation dysfonctionnelle avec les sports lorsque j’étais adolescente.

Comment en suis-je arrivée là ? C’était un truc de confiance, je crois, parce qu’en fait j’étais assez coordonnée. Ce n’est pas comme si je n’avais pas été une enfant active : j’ai grandi à Toronto, et mes parents m’ont inscrite en natation, danse et gymnastique. Mon frère et moi allions à l’école à pied, escaladions les grimpeurs et faisions le tour de notre quartier à vélo.

Ce que je n’ai pas reçu, c’est une formation structurée sur les éléments de base des sports par équipe, et bien que j’aie eu des moments heureux, chaque fois que j’ai approché un ballon, tout a toujours été de travers.

La première et seule fois où j’ai été invitée à une partie de football, j’ai marqué un touché. Malheureusement, c’était pour le camp adverse.

Ma plus grosse performance dans le sport, en frappant un coup de circuit, a été entachée par mon habitude de donner un coup de bâton au receveur.

À l’école secondaire, cependant, j’ai laissé entrevoir un espoir au lancer de poids. Mais au bout du compte j’ai été disqualifiée pour avoir presque touché un professeur.

Chacune des expériences embarrassantes a aggravé ma nervosité par rapport au sport. Je me suis ensuite développée physiquement, ce qui m’a beaucoup gênée – et ma participation à beaucoup d’activités organisées a diminué, pour brutalement s’interrompre.

Et sincèrement, on ne peut s’humilier que jusqu’à un certain degré avant de décider que l’on n’est peut-être « pas fait pour le sport ».

Situons-nous à l’âge de 40 ans. J’ai à présent deux jeunes enfants, et je suis beaucoup plus sensible aux questions de santé et bien plus active que je ne l’étais (et très fière d’avoir arrêté la cigarette depuis 17 ans). Bien que mes enfants ne soient pas sédentaires, je veux qu’ils acquièrent les compétences et la confiance qui m’a manqué.

La question est de savoir comment enseigner ces compétences à nos enfants lorsqu’on n’a pas soi-même eu d’expérience avec les jeux par équipe et que l’on a épousé un gars du type non athlétique. C’est presque comme inculquer à vos enfants une religion différente de la vôtre.

Cette question m’a menée à porter une grande attention aux effets que les différentes activités ont sur les enfants.

Notre fille âgée de 6 ans semblait exténuée par les mouvements de sa classe créative et s’ennuyait à mourir dans ses cours de ballet. Mais cette année, elle s’est découvert une passion pour le karaté et l’acro. Lorsque je l’observe en cours de karaté, je suis renversée par son agilité, sa force et sa détermination.

Cela a manifestement eu une incidence sur sa confiance en elle.  Et il semble que les compétences qu’elle acquiert aient un impact positif sur ses autres activités.

Elle a débuté l’année, terrifiée par les sports de ballons et évitait les cours de gymnastique. La semaine dernière, son professeur m’a prise à part pour me signifier à quel point ma fille avait fait des efforts ce jour-là, et c’est comme si un revirement avait opéré.

Au soccer, l’automne dernier, notre fils âgé de 4 ans a passé plus de temps sur les lignes de touche à compter les brins d’herbe qu’à botter le ballon, mais j’ai perçu des signes d’aptitudes athlétiques lorsqu’il pensait que personne ne le regardait.

Il a dit qu’il ne voulait pas suivre une classe de Sportplay cet hiver, mais nous nous sommes engagés à ce que lui et sa sœur reçoivent des bases solides. À son âge, je crois que l’approche de Sportplay sans pression, ludique, et proposant une diversité de sports est la bonne façon de démarrer.

J’avais des scrupules à le pousser à faire quelque chose qu’il n’avait pas envie de faire, mais l’expérience nous a démontré qu’il est de ceux que l’on doit pousser doucement en dehors de sa zone de confort.

Il est allé deux fois à Sportplay et il a adoré. Et pendant que nous l’inscrivions, il m’a suppliée de l’inscrire au mini tennis ce qui fut aussi un énorme succès

J’espère qu’il nous remerciera lorsqu’il sera adolescent et qu’il fera des paniers plutôt que fumer une cigarette avec des poids au poignet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *