De l’Inde au Canada : le combat d’une mère pour mener une vie active en famille

Je veux que mes enfants soient actifs. Voilà pourquoi je leur dis : « Faites ce que je dis, et non ce que je fais. »

Pendant mon enfance en Inde, je n’étais pas sédentaire. Je jouais beaucoup dehors, mais je ne pratiquais pas de sports organisés (du moins pas volontairement). Et quand j’étais forcée de prendre part aux sports scolaires, disons que j’ai reçu bien des mentions « Bravo pour ta participation ».

Je ne tiens pas à tout prix à ce que mes enfants pratiquent un sport en particulier. Je veux qu’ils aient suffisamment confiance en leurs habiletés pour participer à toutes sortes de jeux, d’activités et de sports. Je ne possède pas ces habiletés, ce qui m’a souvent empêchée d’être active tout au long de ma vie. Et maintenant que je suis mère, je comprends encore plus l’importance de savoir comment bouger.

Ma mère faisait de la course à une époque où c’était inhabituel pour une fille d’un village indien d’être non seulement athlétique, mais aussi compétitive. À l’école, elle a raflé tous les honneurs, et prolongé sa séquence victorieuse durant ses études collégiales. J’aime l’entendre raconter comment elle s’est mise à la course, toute jeune. Une fois, elle s’est présentée à une compétition d’athlétisme habillée d’un salwar kameez ajusté (une tenue traditionnelle indienne à deux pièces) et de chaussures à plateforme (c’était les années 1960 après tout), alors que les autres avaient des vêtements et des espadrilles flambant neufs. Elle a donc enlevé ses chaussures, remonté sa longue kameez, et elle est partie comme une flèche (le salwar kameez est composé d’une longue tunique portée sur un pantalon qui se prête à la course, pourvu que la tunique soit relevée). Elle a gagné, en passant. Pieds nus.

Aujourd’hui, même à la fin de la soixantaine, ma mère est encore active et dynamique. Elle s’adonne au jardinage et au yoga chaque jour (ce qui est, quand j’y pense, ce que je souhaite le plus pour mes deux filles : qu’elles mènent une vie active).

Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas emboîté le pas à un modèle aussi inspirant. Je me suis tenue le plus loin possible des sports, malgré les encouragements de ma mère.

Maintenant que je suis moi-même mère, je comprends que c’est à moi d’enseigner à mes enfants à aimer bouger. Cette tâche aurait été plus facile si j’avais été active toute ma vie. J’ai toutefois à cœur d’instaurer une culture de l’activité physique dans notre famille. Je cherche toujours des façons d’intégrer l’activité et le perfectionnement de nos habiletés dans notre quotidien. Je sais que c’est important pour les enfants, parce que la littératie physique favorise leur développement physique, social et cognitif… mais aussi pour nous, les parents.

Mes habiletés se sont en effet améliorées depuis que nous avons adopté ce mode de vie. Et j’ai constaté qu’en étant actifs, nous nous sommes ajustés plus facilement à notre nouvelle vie au Canada. Bien entendu, je vois que mes enfants sont déjà en avance sur moi à leur âge. Non seulement ils sont plus doués pour les sports, mais ils aiment bouger, qu’ils jouent au soccer dans la cour ou qu’ils dansent dans le salon. Je suis soulagée de les voir aussi ouverts à essayer de nouvelles habiletés et de nouvelles activités. Et j’aime à croire que c’est en partie parce que nous le faisons ensemble.

Je crois que les obstacles à la vie active sont nombreux en Asie du Sud-Est. Ma mère était une exception, c’est le moins qu’on puisse dire. Et si ces obstacles étaient une création de notre esprit? Et si nous pouvions les surmonter en acquérant les bonnes habiletés?

Je le sais par expérience, la génétique ne suffit pas. Pour que nos enfants vivent une vie saine et heureuse, nous devons être actifs. Les choix sains ne sont pas toujours les plus faciles à faire, mais j’ai maintenant la responsabilité de prendre ces décisions. Et j’ai la chance de le faire en ayant mes enfants à mes côtés.

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