Votre enfant et le jeu risqué : jouez le rôle d’un sauveteur

Le jeu risqué est un sujet d’actualité quand il est question de l’art d’être parent aujourd’hui. Avez-vous tendance à surprotéger vos enfants? Ou les mettez-vous « en danger » en leur permettant de se suspendre aux échelles horizontales dans les parcs?

Les chercheurs affirment que le jeu risqué est nécessaire à un sain développement de l’enfant. Il est essentiel pour développer la confiance et la capacité à gérer les risques, et est également associé à une foule d’avantages tels que l’amélioration des habiletés interpersonnelles et un niveau d’anxiété moindre. C’est pour cette raison que tout le monde, des éducateurs aux professionnels de la santé, commence à préconiser le jeu aventureux ou risqué pour les enfants.

Mais comment les parents peuvent-ils distinguer ce qui constitue un risque acceptable de ce qui est imprudent et met la vie en danger? Et comment faire en sorte que le risque associé au jeu d’un enfant demeure à un niveau raisonnable?

Vigilance : l’approche du sauveteur

La Dre Mariana Brussoni, (version anglaise) psychologue spécialiste du développement à l’Université de la Colombie-Britannique et l’une des figures de proue du mouvement prônant le jeu risqué, encourage les parents qui regardent leur enfant jouer à adopter l’attitude d’un sauveteur surveillant les baigneurs à la plage : il n’intervient que lorsqu’une personne est exposée à un réel danger.

Une telle approche est qualifiée de « vigilance » (vigilant care) par le Dr. Haim Omer. Pour un parent, faire preuve de vigilance consiste à garder un niveau d’attention élevé quand son enfant s’adonne à une activité potentiellement dangereuse. C’est une approche différente de la surveillance obsessionnelle et anxieuse de celui que l’on surnomme le parent hélicoptère.

Dans un environnement de jeu, un parent vigilant évitera d’intervenir inutilement et limitera l’envoi de messages de contrôle à son enfant. En même temps, face à des signes de danger évidents, il agira de manière décisive en trois étapes progressives : attention ouverte, attention centrée et protection active.

1. Attention ouverte

Lorsqu’il observe son enfant jouer, le parent devrait être la plupart du temps en mode d’attention ouverte. Il manifeste alors un intérêt bienveillant en le regardant, mais évite autant que possible de s’immiscer dans son jeu, confiant que son enfant a la capacité de gérer les risques présents.

2. Attention centrée

À cette étape, le parent a perçu des signaux d’alerte dans le jeu de son enfant. L’apparition d’un élément de danger peut avoir repoussé les limites du risque acceptable. Le parent s’assure alors que l’enfant est conscient du risque et qu’il se sent à l’aise de le gérer. Si c’est le cas, il se remet en mode d’observation simple et d’attention ouverte.

3. Protection active

Le niveau de risque est devenu inacceptable et il est maintenant temps pour le parent d’intervenir et de prendre des mesures pour réduire ce risque. Il reste toutefois important qu’il continue d’utiliser des mots qui responsabilisent l’enfant. Il n’est pas souhaitable que ce dernier ait l’impression d’être faible et impuissant : l’objectif est de l’aider à mieux comprendre le risque quand il joue et de lui donner la confiance voulue pour le gérer.


À écouter (en anglais) : La Dre Mariana Brussoni au sujet des bienfaits du jeu risqué pour les enfants


Le jeu risqué comporte des bienfaits considérables pour nos enfants. Bien géré, il peut les aider à développer leur confiance en eux, à améliorer leurs habiletés motrices et à augmenter leur degré d’activité physique.

Où vous situez-vous par rapport au jeu risqué? Croyez-vous qu’il soit utile de « survoler » sans cesse vos enfants à la manière d’un hélicoptère? Ou êtes-vous d’accord avec le principe de vigilance? Faites-nous part de vos commentaires et réflexions ci-dessous ou sur notre page Facebook.

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