Les filles et le sport : Conclusions des recherches

Ce que j’aime le plus d’entraîner des filles, c’est qu’elles écoutent. Pourquoi? Parce qu’elles veulent bien faire, ce qui est important pour se sentir acceptées. D’ailleurs, durant les premières années où elles pratiquent un sport, elles le font surtout pour être acceptées par la société. J’observe ce phénomène depuis 20 ans. Et vous savez quoi? C’est précisément ce que confirment les recherches.

Module de formation pour les entraîneurs Gardons les filles dans le sport

J’ai récemment suivi le module de formation pour les entraîneurs Gardons les filles dans le sport de la Fondation Bon départ de Canadian Tire pour vous faire part de mes impressions. Pourquoi les filles pratiquent-elles des sports, et pourquoi certaines persévèrent-elles tandis que d’autres abandonnent? Le module cite de nombreuses recherches qui tentent de répondre à ces questions, et qui pourraient intéresser les parents et les entraîneurs.

Les filles abandonnent le sport entre la 6e et la 8e année

À l’âge de 14 ans, les filles sont environ deux fois plus nombreuses que les garçons à avoir abandonné le sport. Selon une étude publiée par la Women’s Sports Foundation (lien en version anglaise), le taux d’abandon chez les filles augmente nettement entre la 6e et la 8e année. La situation s’équilibre par la suite, mais malheureusement, le mal est déjà fait. Voilà pourquoi les parents et les entraîneurs doivent reconnaître qu’il s’agit d’une période critique pour la persévérance sportive des filles.

Pourquoi les filles abandonnent le sport

Selon Gardons les filles dans le sport, les quatre principales raisons sont le manque de temps, le coût, une blessure ou le manque de plaisir. Si l’investissement en temps et le coût ne sont pas toujours du ressort des entraîneurs et des parents, ils peuvent souvent atténuer les risques de blessures, et encore plus s’assurer que l’activité physique ou sportive est amusante.

Pourquoi les filles s’amusent dans le sport

Selon Gardons les filles dans le sport, les trois facteurs les plus importants sont la dynamique de l’équipe, la valorisation de l’effort et le cadre d’entraînement. Gagner est rarement mentionné. La camaraderie ainsi qu’un sentiment d’acceptation et d’appartenance créent la dynamique d’équipe favorable aux filles. Quand elles ne se sentent pas acceptées ou soutenues, elles abandonnent. À l’inverse, quand elles se sentent valorisées, elles font de leur mieux et performent bien. C’est en quelque sorte l’opposé des garçons, qui veulent performer pour être acceptés socialement. Les filles souhaitent en outre que leurs entraîneurs créent un cadre accueillant, porteur, voire inspirant.

L’entraînement positif

Qu’est-ce qu’un cadre d’entraînement positif pour les filles? Selon les recherches, les filles préfèrent les entraîneurs qui les traitent avec respect, qui encouragent l’équipe, qui s’expriment clairement et qui connaissent bien leur sport. Ils permettent en outre aux filles de faire des erreurs, ils accueillent leurs opinions, ils restent positifs et amicaux, et ils donnent de la rétroaction positive. Et les filles apprécient les entraîneurs qui ne se prennent pas au sérieux et qui participent aux activités. Entraîneurs et parents qui n’ont que la victoire en tête, prenez-en note.

L’entraînement négatif

D’après la définition de l’entraînement positif, il est facile de déduire les comportements qui déplaisent aux filles. Il s’agit notamment de faire preuve de favoritisme envers certains athlètes, d’en ignorer d’autres, d’humilier les participants dans le but de les motiver et d’exiger la perfection sans tolérer l’échec. Cela peut sembler évident, mais il n’en demeure pas moins que certains entraîneurs se comportent encore ainsi. Espérons qu’ils ne dirigent pas votre fille (ni votre fils).

Image corporelle et identité

Est-ce bien surprenant que les filles abandonnent aussi le sport en raison de leur image corporelle? Gardons les filles dans le sport souligne que les filles sont constamment exposées à des images sexualisées de femmes, y compris de femmes dans le sport, ce qui influence leur perception d’elles-mêmes comme athlètes. On encourage depuis longtemps les athlètes féminines à mettre en valeur leur physique; même si ce genre de pression est de plus en plus rejeté, la tendance à sexualiser ces femmes demeure. Et les filles qui n’ont peut-être pas le physique présenté comme « attirant » par les médias en font les frais.

Par ailleurs, selon la (lien en version anglaise) Women’s Sports Foundation (WSF), la discrimination fondée sur l’identité sexuelle réelle ou perçue et sur l’identité de genre des femmes athlètes persiste. Par conséquent, certaines filles peuvent être victimes d’intimidation et d’isolement social simplement parce qu’elles font du sport. C’est tout à fait inacceptable.

Modèles

La WSF ajoute que des modèles féminins positifs peuvent changer la donne. Pour encourager la persévérance sportive chez les filles, les chercheurs et les défenseurs du sport féminin sont unanimes : nous devons donner aux filles plus d’images d’athlètes fortes et confiantes qui s’épanouissent et excellent dans leur sport, peu importe leur orientation sexuelle et leur apparence physique.

Voilà la clé, selon les recherches, pour que les filles continuent de faire du sport et d’être actives. Les preuves ne manquent pas, et toutes les personnes qui s’impliquent dans le sport jeunesse devraient les connaître. Si vous faites partie d’un club ou d’un organisme qui offre des programmes pour les filles, je vous encourage à proposer à vos entraîneurs et à vos dirigeants de suivre le module de formation en ligne Gardons les filles dans le sport. Si vous êtes parent d’une fille, lisez cet article pour l’aider à développer le goût de l’activité physique.

Ensemble, veillons à ce que nos filles aient une vie saine, heureuse et active.

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