Les Olympiques me font toujours sangloter, et Sotchi n’a pas fait exception à la règle

Je pleure énormément pendant les Olympiques. Je pleure peut-être encore plus depuis que je suis devenu papa (il y a quelque chose dans le fait d’être parent qui rend les hommes sujets aux larmes) mais j’ai toujours été larmoyant lorsqu’il s’agit des Jeux. J’ai l’impression d’avoir fondu en larmes deux semaines en ligne.

J’ai pleuré lorsque l’équipe de hockey féminine menée deux à zéro a remporté la médaille d’or la semaine dernière.

Par un matin neigeux à Vancouver, j’ai pleuré en regardant l’équipe de hockey masculine remporter l’or.

J’ai pleuré en voyant Justine et Chloe Dufour-Lapointe se donner la main sur le podium après avoir respectivement remporté l’or et l’argent en ski acrobatique de bosses.

J’ai pleuré en suivant Tessa et Scott effectuer leur sublime programme libre en patinage, qui me paraissait à la hauteur d’une médaille d’or.

J’ai pleuré lorsque Jan Hudec a remporté le bronze dans le super-G au terme d’une longue carrière comportant beaucoup de blessures et plus encore de persévérance et de détermination.

Chaque fois qu’un Canadien a établi un record personnel ou a gagné une médaille, je me couvrais de buée. Des sanglots s’échappaient même lorsque des athlètes, qui avaient travaillé si fort, n’ont pas répondu aux attentes d’une nation tout entière.

Encourager l’équipe canadienne est formidable, même un peu déshydratant, mais savez-vous ce qui m’a vraiment fait pleurer? Ce qui me déchire alors que j’écris ceci? Des souvenirs de gestes posés par des personnes et qui n’avaient strictement rien à voir avec des prouesses athlétiques, mais qui ont totalement incarné ce que je pense être l’esprit olympique.

L’entraîneur canadien Justin Wadsworth a aidé le fondeur russe frustré Anton Gafarov, qui avait brisé un ski lors du sprint libre en lui procurant un nouveau ski. (Cela m’a rappelé l’entraîneur norvégien qui a donné à la Canadienne Sara Renner un bâton de remplacement à Turin en 2006, ce qui a permis à Renner de remporter une médaille d’argent;  la Norvège avait fini en quatrième position).

Gilmore Junio a cédé sa place à son coéquipier canadien Denny Morrison au 1000 mètres de patinage de vitesse, qui en a profité pour remporter une médaille d’argent.

Le Suisse, Dario Cologna, qui a remporté l’épreuve des 15 km en ski de fond, a attendu presque 30 minutes sur la ligne d’arrivée pour saluer le Péruvien Roberto Carcelen, qui s’était fracturé une côte à l’entraînement, mais qui a tenu à prendre part à la course. Le skieur Népalais Dachhiri Sherpa qui pensait arriver bon dernier, a aussi salué Carcelen, avec une accolade, rien de moins; (il a finalement terminé avant-dernier).

Ces exemples d’esprit sportif attirent autant l’attention parce qu’ils semblent aller à l’encontre de la mentalité « tout au vainqueur » que certains pourraient préconiser.

Mais comme un sage ami me l’a rappelé l’autre jour, en compétition il ne s’agit pas de résultats. La compétition est simplement ce que nous faisons lorsque nous essayons de faire de notre mieux.

Je pense que c’est pour cette raison que je deviens si émotif lors des Olympiques. C’est l’émerveillement à l’exploit des athlètes qui ont travaillé si dur, qui ont supporté la pression et qui ont triomphé.

Je veux que mes enfants réalisent que nous ne fêtons pas vraiment les médailles.

J’essaye d’enseigner à ma fille d’encourager tous ceux qui font des efforts, qui se battent, qui donnent tout dans cette démarche. Lorsque ses adversaires au soccer font une bonne partie ou marquent un but, j’applaudis (vous auriez dû voir le regard perplexe qu’elle m’a lancé la première fois que j’ai fait cela).

C’est pourquoi, en plus de la récolte des médailles, elle et moi avons suivi les exemples d’esprit olympique. Je veux qu’elle voie que ces gestes font aussi partie de la compétition. Peut-être, seulement peut-être, verra-t-elle plus d’exemples en grandissant et ne lui paraîtront-ils plus aussi extraordinaires.

Quoique si elle veut devenir émotive en assistant à des performances incroyables, j’aurai quelqu’un avec qui brailler.

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