L’importance du jeu libre (et de l’ennui)

L’importance du jeu libre (et de l’ennui)

C’est mardi soir et mon garçon de huit ans se plaint (pour la énième fois) de devoir aller à son cours de patin. 

Je n’insiste pas sur les sports d’habitude, mais je tiens à ce que mes enfants sachent nager, patiner et skier, car j’aimerais que ma famille puisse profiter ensemble du grand air canadien. Je le force donc à y aller. (Il faut aussi dire que c’est lui qui a choisi de s’inscrire, et que le cours n’était pas donné.)

Après la leçon, c’est évident qu’il a bien bougé : il a les joues rouges, il transpire… et il sourit. Sur le coup, je pense avoir bien fait de le pousser. En même temps, mon cœur est tiraillé. Je l’ai fait courir de l’école à la maison pour manger, puis vite vite à la patinoire avec ses frères, et ensuite c’est à nouveau la course pour les douches, le souper et le dodo. On se dépêche déjà le matin pour se préparer pour l’école. Et à l’école, il doit écouter; on lui dit où s’asseoir, quand parler et quand jouer. 

Bref, on le conduit ici et là toute la journée; cela lui laisse très peu d’autonomie. 

Je lis avec attention les articles où l’on dit que les enfants d’aujourd’hui sont trop occupés et n’ont pas assez de temps pour jouer ou créer. Des autorités en santé reconnaissent les bienfaits du jeu libre pour la santé mentale, le bien-être et la résilience, par exemple. Je tiens compte de tout ça dans mes choix parentaux. Après tout, je veux élever des enfants créatifs et capables de trouver solutions à leurs problèmes. 

Mais cela ne veut pas dire que je veux interdire toute activité parascolaire. Ce que je comprends de ces études, c’est que les enfants ont besoin d’équilibre, et que c’est aux adultes dans leur vie de les encadrer tout en défendant mordicus l’importance du temps de repos. 

Si le scénario des mardis soirs se répétait cinq jours par semaine, je repenserais assurément notre horaire. Pour l’instant, le patin est sa seule activité parascolaire. Il lui reste quatre jours pour faire ce qu’il veut. 

Je ne dis pas qu’il peut rentrer, allumer la télévision et ne plus rien faire de la soirée. Les temps de repos et de jeu créatif sont là pour lui donner la liberté d’explorer et de créer sans trop d’instructions. On peut se passer le ballon (en anglais), aller au parc, explorer la cour ou faire une promenade à vélo. On peut bricoler ou lire. Je veux que mon fils sache que ces choses sont toutes aussi précieuses qu’une séance d’entraînement à la patinoire ou une journée en classe.

Le temps passé en famille est précieux, lui aussi. Que ce soit autour d’un casse-tête, dans la cuisine ou en promenade, ces temps de rapprochement essentiels seraient impossibles avec un horaire surchargé. C’est aussi en écoutant mon fils parler de sa journée que je peux l’aider à trouver des solutions à ses problèmes. 

Alors, comment assurer des temps d’arrêt tout en faisant de la place pour les activités parascolaires qui sont importantes pour vous et votre enfant?

1. Réfléchir

Quelles sont vos valeurs familiales? Quels sont les intérêts de votre enfant? Mon premier serait très heureux sans aucune activité tandis que mon deuxième voudrait tout essayer. Et moi? Je préfère le plein air. Je veux laisser mes enfants choisir une activité par saison tout en m’assurant qu’ils acquièrent des aptitudes de vie comme la natation et le vélo. Le reste du temps, j’essaie de ne rien prévoir.

2. Créer du temps pour le jeu créatif préféré de votre enfant

Si vous savez que votre enfant aime grimper aux arbres, pensez à visiter un espace vert dans vos temps libres pour l’encourager. S’il préfère les promenades à vélo, invitez-le à explorer une nouvelle piste cyclable avec vous.

3. Savoir dire non aux engagements inutiles

Une fête d’anniversaire, c’est génial. Mais votre enfant n’a pas besoin d’aller à toutes les fêtes auxquelles il est invité. 

4. Prévoir le temps d’écran à l’horaire

Si votre enfant est plutôt télévision ou jeux vidéo, mais que vous voulez aussi faire de la place pour le jeu libre, inscrivez le temps d’écran à l’horaire. S’il sait qu’il y a droit pendant 30 minutes après le souper les jours de semaine et seulement l’après-midi en fin de semaine, il pourra s’adonner au jeu créatif sachant qu’il n’a pas accès aux écrans pour l’instant (mais qu’il pourra regarder la télé ou jouer à des jeux vidéo plus tard). Voici d’autres astuces pour gérer le temps d’écran.

Résumé

Cet hiver, ma famille ira patiner sur le canal à Ottawa. Mon fils n’aura peut-être pas adoré son cours de patin, mais il profitera à fond de cette expérience typiquement canadienne. Il pourra aussi s’amuser librement au Musée canadien des enfants tout de suite après. La façon de parvenir à un équilibre et de protéger le temps de repos dépend de chaque famille. 

Faites-vous confiance : vous savez ce qui est le mieux pour votre famille et vous.


Pour en savoir plus sur le jeu libre :

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