
Retour à la nature pour les enfants : comment rendre le jeu plus amusant pour les enfants
Ceci est un extrait condensé du nouveau livre de Josée Bergeron (en anglais), « Beyond the Front Door: Embracing Nature for a Happier and Healthier Family » (Derrière la porte d’entrée : profiter de la nature pour une famille plus heureuse et en meilleure santé). Dans ce livre, Josée Bergeron partage des moyens simples que les familles peuvent adopter pour passer plus de temps à l’extérieur et améliorer leur santé mentale, et elle propose des activités amusantes pour chaque saison. Extrait reproduit avec l’autorisation de Morehouse Publishing, une marque de Church Publishing, Incorporated. (c) 2026 par Josée Bergeron.
« On peut jouer, s’il te plaît? » supplia mon fils de 11 ans. En regardant par-dessus son épaule, je voyais ses deux amis à ses côtés.
« C’est non », répondis-je.
« Juste cette fois, parce que mes amis sont là… seulement pour une heure », insista Théo.
« Inutile d’essayer », lança mon fils adolescent, Félix. « Elle ne changera pas d’avis. »
J’espérais que c’était vrai. Au début des vacances de printemps, notre famille avait décidé de faire une pause avec les écrans. Je savais avec certitude que le temps excessif passé devant les écrans et le manque de temps passé dans la nature avaient un impact négatif sur notre famille.
« Pourquoi n’allez-vous pas jouer dehors plutôt? », ai-je encouragé mon fils et ses amis. « Il fait beau aujourd’hui. Je suis sûre que vous trouverez quelque chose à faire. »
Le visage marqué par la défaite, ils ont enfilé leurs chaussures et sont sortis à contrecœur. Quelques instants plus tard, des cris et des hurlements ont filtré par la fenêtre ouverte comme une brise printanière rafraîchissante.
On entend souvent dire que « jouer est le travail de l’enfance », une citation attribuée au célèbre psychologue suisse Jean Piaget et parfois à l’éducatrice italienne Maria Montessori. Je vois souvent cette citation partagée sur les réseaux sociaux, mais je ne suis pas certaine qu’ils ne l’aient jamais prononcée. Je ne trouve aucune preuve qui le confirme. En fait, j’espère qu’ils ne l’ont pas fait, car pour les enfants, jouer n’est pas un travail.
Le jeu est la façon d’être d’un enfant, c’est le cœur même de l’enfance. C’est pourquoi, en 1989, les Nations Unies ont inclus l’article 31 dans la Convention relative aux droits de l’enfant, qui stipule que les enfants ont le droit « au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à leur âge ».
C’est en jouant que les enfants apprennent à connaître le monde, à se connaître eux-mêmes et à connaître les autres. C’est ainsi qu’ils développent toutes les compétences importantes dont ils auront besoin à l’âge adulte. Le jeu aide les enfants à apprendre à réguler leurs émotions, à développer leurs compétences sociales, à renforcer leur santé physique, à développer leur créativité, leurs capacités à résoudre des problèmes, et bien plus encore. C’est pourquoi les enfants ont besoin de beaucoup de temps pour jouer.
Peter Gray, professeur de recherche au Boston College et auteur de « Free to Learn », décrit les caractéristiques du jeu de la manière suivante :
- Choisi et dirigé par soi-même
- Motivé intrinsèquement, sans contrainte
- Guidé par les règles intellectuelles propres à l’enfant, sans intervention des adultes
- Imaginatif : tout est possible!
Autrement dit, les enfants participant à un jeu devraient pouvoir choisir librement quand, quoi et comment ils jouent. Et surtout, le jeu devrait être amusant!

3 façons de rendre le jeu plus amusant
1. Jouez à l’extérieur
On peut très bien jouer à l’intérieur, mais j’ai remarqué que les enfants jouent différemment lorsqu’ils sont en pleine nature. Le jeu en plein air procure une joie sans limite. Les enfants bougent plus, parlent plus fort et créent du désordre, et c’est très bien ainsi! La nature regorge de matériaux ouverts, d’éléments qui stimulent les sens et les mettent au défi. Tout cela contribue à favoriser l’activité physique, le développement cognitif et la créativité.
S’il y a une caractéristique du jeu que j’ajouterais à la liste de Gray, ce serait celle-ci :
5. Connecté à la nature
Le monde naturel favorise le jeu dans sa forme la plus spontanée.
2. Acceptez le « jeu risqué »
Voir mon enfant de 18 mois dévaler à toute vitesse une petite rampe tout en regardant mon adolescent de 16 ans grimper au sommet d’un arbre m’a fait transpirer à grosses gouttes. S’il y a une chose que les enfants adorent et qui met mal à l’aise les parents, les éducateurs et les personnes qui s’occupent d’eux, c’est bien le fait de prendre des risques en jouant.
Le jeu risqué est considéré comme un jeu intense et excitant où les enfants font face à des inconnues et à des dangers potentiels qui peuvent causer des blessures physiques ou leur faire peur. Le mot « risqué » est souvent vu comme quelque chose de négatif dans notre société, à tel point que certains parents n’aiment pas le terme « jeu risqué ». Le risque peut mener au danger ou à des blessures. C’est quelque chose qu’il vaut mieux éviter, surtout pour les enfants. Cependant, le risque peut aussi être positif. L’apprentissage, l’innovation, la résolution de problèmes et la découverte ne sont possibles qu’en prenant des risques.
En fait, les enfants utilisent les jeux risqués pour gérer leurs peurs et renforcer leur confiance en eux. Ils grimpent aux arbres pour vaincre leur peur des hauteurs, descendent des collines en luge pour se sentir à l’aise avec la vitesse ou attrapent des araignées pour se sentir courageux face aux insectes. Certains parents craignent que leur enfant développe des peurs et des phobies s’il se blesse en pratiquant des jeux risqués, mais c’est plutôt le contraire qui semble vrai : les enfants qui ne pratiquent pas de jeux risqués sont plus susceptibles de développer des peurs et des phobies, et même de se blesser.
« Soyez aussi prudents que nécessaire, pas aussi prudents que possible » : voilà le mantra à retenir pour les parents. À moins que le risque de blessure grave ne soit réel, laissez à votre enfant la liberté de prendre des risques et observez à quel point il est fier lorsqu’il réussit un défi.
Il est vrai que les enfants ont parfois besoin d’aide pour mieux comprendre une situation risquée. Si tel est le cas, vous pouvez aider votre enfant à développer sa conscience ou ses capacités à résoudre des problèmes en lui posant des questions ou en lui faisant des remarques telles que :
- Remarque comment… ces rochers sont glissants, cette bûche est pourrie, cette branche est courbée.
- Vois-tu. . . la plante vénéneuse, tes amis à proximité avant de lancer cette pierre?
- Essaie de bouger. . . tes pieds lentement, prudemment, rapidement, vigoureusement.
- Essaie d’utiliser. . . tes mains, tes pieds, tes bras, tes jambes.
- Entends-tu. . . le bruit de l’eau qui coule, le sifflement du vent, le crépitement du feu?
- Quel est ton plan. . . si tu grimpe sur ce rocher, traverses cette bûche?

3. Ajoutez des pièces détachées
« Si tu pouvais concevoir l’aire de jeux de tes rêves, à quoi ressemblerait-elle? » ai-je demandé à ma fille aînée.
« Eh bien, il y aurait certainement de beaux arbres à grimper. Une cuisine dans la nature avec des bocaux remplis de feuilles, d’herbes, de baies, de cailloux, de coquillages et de miel pour faire des choses. J’aimerais aussi avoir un endroit pour nager. Pas une piscine, mais un endroit avec de l’eau, du sable, des coquillages et une grande cascade. Oh! N’oublie pas le trampoline », a-t-elle répondu, les yeux brillants.
Une question similaire a été posée (article en anglais) à un groupe d’enfants australiens. L’étude a été menée dans un centre commercial de Sydney, où 110 enfants ont été invités à concevoir l’aire de jeux de leurs rêves pour une partie du centre commercial en cours de rénovation. Toutes les images mettaient l’accent sur des éléments naturels tels que des rochers, des bâtons, du sable et des feuilles. À part la nature, les deux éléments les plus fréquemment dessinés étaient des équipements encourageant les jeux risqués et des éléments favorisant les « jeux actifs », tels que des accessoires pour les jeux imaginaires ou créatifs. En d’autres termes, les enfants rêvent d’aires de jeux en plein air, comportant des éléments risqués et des pièces détachées.
J’ai remarqué que la plupart des enfants sont naturellement attirés par les pièces détachées lorsqu’ils jouent. Les pièces détachées éveillent la curiosité et l’imagination des enfants. On a également démontré que jouer avec des pièces détachées encourage l’activité physique et le mouvement, favorise les compétences en résolution de problèmes, la créativité et l’exploration de l’environnement, et stimule les interactions sociales, l’utilisation du langage, la prise de risques et l’inclusion.
Accepter le côté spontané du jeu
Le retour au jeu spontané doit être un mouvement qui se déroule au-delà des portes d’entrée, un mouvement ancré à l’extérieur où les enfants peuvent avoir la liberté d’être des enfants. Bien que le jeu puisse se dérouler à l’intérieur, envoyer les enfants jouer à l’extérieur permet au jeu de se dérouler d’une manière qui ne peut être reproduite à l’intérieur, en s’appuyant sur le lien de nos enfants avec le monde naturel.





