
8 conseils pour aider votre enfant à gérer son anxiété
Pour les enfants, il est tout à fait normal de se sentir nerveux. Y a-t-il des monstres sous mon lit? Vais-je réussir à finir mes devoirs? Est-ce que les autres enfants de l’école m’aiment bien? Mes parents vont-ils sortir sans moi… et la baby-sitter sera-t-elle sympa? Va-t-il y avoir un orage ce soir? Y aura-t-il des chiens quand on ira se promener?
Ce sont là des peurs très courantes chez les enfants. Mais parfois, ces peurs deviennent accablantes et les enfants développent une anxiété plus grave. Il est important de repérer les signes d’anxiété chez votre enfant et d’y répondre du mieux que vous pouvez pour l’aider à gérer ses émotions.
Selon Janet Morrison, psychologue associée qui réalise des évaluations et propose des psychothérapies aux enfants depuis plus de 25 ans et qui enseigne à la Faculté de travail social Factor-Inwentash de l’Université de Toronto, les symptômes de l’anxiété chez les enfants peuvent aller de signes évidents, comme les pleurs ou les crises de colère, à des manifestations plus subtiles, telles que des maux de ventre ou des changements dans les habitudes alimentaires. Les parents sont généralement les mieux placés pour juger de ce qui est normal et de ce qui peut être un signe inquiétant, explique-t-elle.
Les parents connaissent leurs enfants mieux que quiconque et sentent quand quelque chose ne va pas. »
-Janet Morrison, psychologue associée
Selon Morrison, les signes les plus courants indiquant que votre enfant pourrait souffrir d’anxiété sont les suivants :
- Une irritabilité ou une colère accrues, pouvant se traduire par davantage de disputes que d’habitude avec ses frères et sœurs
- Maux de ventre
- Perturbations du sommeil, cauchemars
- Changement d’appétit, en mangeant plus ou moins
- Maux de tête
- Crises de larmes
- Crises de colère (plus fréquentes que d’habitude) pour de petites choses telles que s’habiller ou se brosser les dents
Comment aider votre enfant anxieux
Voici huit stratégies simples que vous pouvez ajouter à votre « boîte à outils » pour aider vos enfants à gérer leurs sentiments d’anxiété ou de stress :
1. Discutez avec vos enfants et encouragez-les à exprimer leurs émotions
Comme dans toute situation, il est important de maintenir un dialogue ouvert avec vos enfants. Et il est essentiel que les enfants puissent exprimer leurs émotions.
Morrison recommande de demander directement aux enfants ce qui les inquiète s’ils montrent des signes d’anxiété. Il se peut qu’ils ne s’inquiètent pas pour les choses auxquelles vous vous attendiez, et qu’ils ne parviennent pas à exprimer pleinement leurs inquiétudes. Laissez leurs questions guider la conversation.
2. Développez une « boîte à outils » contre l’anxiété
Même si votre enfant n’aura pas à affronter de monstres sous son lit, il est très probable qu’il croise des chiens et vive des orages au cours de son enfance. Aidez-le à anticiper ces situations et à s’y préparer. Lorsque vous élaborez des stratégies avec votre enfant, utilisez des mots d’encouragement, faites preuve de patience et rassurez-le en lui expliquant qu’il peut surmonter ses peurs petit à petit.
Imaginons, par exemple, que vous souhaitiez aider votre enfant à surmonter sa peur des chiens.
Dans son ouvrage (disponible en anglais seulement) intitulé « Overcoming Your Child’s Fear of Dogs » (Surmonter la peur des chiens chez votre enfant), l’assistante sociale Stefani M. Cohen explique que les chiens sont programmés pour courir après tout ce qui bouge, comme les oiseaux, les écureuils et les balles. Elle encourage donc les enfants qui se retrouvent face à un chien à rester immobiles, à se tourner de profil, à croiser les bras sur la poitrine et à éviter de regarder l’animal. « Dans le langage canin, lorsque vous adoptez cette posture, vous indiquez au chien que vous n’êtes pas intéressé et qu’il doit vous laisser tranquille », explique-t-elle à Psychology Today (en anglais).
Rester immobile en présence d’un chien peut être très effrayant pour votre enfant ; vous pourriez donc commencer par lui faire s’entraîner à adopter cette posture à la maison, puis demander à un ami d’amener son chien, en le tenant fermement en laisse. Votre enfant pourra alors s’entraîner à croiser les bras et à détourner le regard, et observer la réaction du chien.
Petit à petit, votre enfant pourra progresser jusqu’à caresser un chien (peut-être un doigt à la fois) ou tenir la laisse d’un chien, en présence d’un adulte à chaque fois.
Développez votre propre boîte à outils en fonction des peurs spécifiques de votre enfant et mettez en place des stratégies pour y faire face.
3. Les enfants ont besoin de routines
Les routines aident les enfants à se sentir ancrés, en sécurité et maîtres de la situation. Lorsqu’ils savent ce qui les attend — qu’il s’agisse d’une routine matinale comprenant le brossage des dents, le petit-déjeuner et le départ pour l’école, ou d’une routine du soir avec le dîner, un moment en famille, le bain, la lecture d’histoires puis une heure de coucher bien définie —, votre enfant se sentira plus à l’aise.
Voici un exemple d’outil simple que vous pouvez utiliser pour aider les enfants à planifier leur journée :

4. Gardez le moral grâce aux jeux, aux activités et aux jeux en plein air
Il n’y a rien comme beaucoup de rires et de plaisir pour garder le moral des enfants. Morrison insiste sur le fait qu’il est extrêmement important de sortir tous les jours pour prendre l’air, se défouler et profiter de la nature.
Lorsque vous ne pouvez pas sortir, sortez les jeux de société, les cartes, le matériel de loisirs créatifs et les jouets d’extérieur, et mettez le plaisir au cœur de chaque journée. Voici quelques idées pour que vous et vos enfants puissiez vous remonter le moral en jouant :
- 49 activités physiques plaisantes à faire avec des enfants de 2 à 4 ans
- 14 jeux avec des arroseurs pour s’amuser tout l’été
- Activités amusantes à faire une fois le soleil couché ou dans la noirceur
5. Prévoyez chaque jour un moment de calme
Il est également important de se détendre en prévoyant chaque jour un moment de calme, explique Morrison. Ce moment peut coïncider avec l’heure de la sieste des enfants, ou pendant qu’ils lisent, colorient ou font des puzzles. Vous pouvez créer les conditions favorables en apprenant aux enfants à méditer ou simplement en commençant ce moment de calme par quelques minutes de silence et de respiration profonde en famille.
6. Éloignez les enfants des actualités
Même si nous voulons rester informés de ce qui se passe dans le monde, Il est mieux que les parents limitent au maximum l’exposition de leurs enfants aux actualités afin d’éliminer toute anxiété potentielle. De même, essayez de limiter la fréquence à laquelle vous parlez d’événements d’actualité bouleversants ou perturbants avec d’autres adultes lorsque les enfants sont à portée de voix.
Cette recommandation est soutenue par l’Académie américaine de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (« American Academy of Child and Adolescent Psychiatry »), qui souligne que les jeunes enfants ne sont pas en mesure de relativiser les informations effrayantes ; ainsi, entendre parler de catastrophes, de crimes et d’autres événements négatifs peut les plonger dans un état de stress, d’anxiété et de peur.
7. Prenez soin de votre propre santé mentale
Les enfants perçoivent les émotions des autres. Il est important d’essayer de réduire au maximum votre propre anxiété afin de rester calme et rassurant, et de montrer l’exemple en adoptant des stratégies d’adaptation saines.
Pour les parents et les personnes qui s’occupent d’enfants, il est essentiel de garder à l’esprit que rien dans la vie ne doit être parfait. Si vous n’avez pas encore planté de fleurs dans vos jardinières, ce n’est pas grave. Si vous n’avez pas rangé ce placard que vous vous étiez promis de ranger cet hiver, il sera toujours là au printemps. Se fixer ce genre d’objectifs ne fera que vous frustrer.
Prenez soin de vous, quelle que soit la forme que cela prend pour vous. Prévoyez des moments de calme dans votre journée. Restez en contact avec vos amis et votre famille. Continuez à vous nourrir correctement, à prendre soin de votre hygiène et à faire de l’exercice. Intégrez vos propres activités à votre journée, qu’il s’agisse d’une comédie que vous avez envie de regarder, d’un bain moussant ou d’un livre que vous avez hâte de lire. À la fin de chaque journée, félicitez-vous pour chaque petite réussite.
8. Renforcer la confiance en soi
Lorsqu’un enfant a confiance en lui, il se sent capable, en sécurité et résilient. Il est mieux armé pour relever les défis et se remettre plus rapidement des échecs.
Alors, comment renforcer leur confiance en eux? Concentrez-vous sur les aspects positifs, efforcez-vous de ne pas comparer vos enfants aux autres, laissez-les relever des défis et mettez en avant leurs points forts.
Qu’il parvienne à franchir la cage à singes sans aide du premier coup ou qu’il lui faut des semaines pour y arriver. Qu’il obtienne une excellente note ou une mauvaise note lors d’un test. Que les enfants de vos amis soient capables de jouer un concert de piano en entier et que votre enfant en soit encore aux bases de la flûte. Votre enfant a besoin de savoir qu’il y a toujours quelqu’un à ses côtés qui reconnaît ses progrès, ses efforts et sa personnalité.
Voici quelques exemples concrets :
- Confiez à vos enfants de petites tâches à la maison ou au jardin pour leur montrer que vous croyez en eux. Veillez à ce que ces tâches soient un peu exigeantes, mais aussi à leur portée.
- Laissez-les vivre quelques déceptions ou moments de frustration sans que cela ne devienne insurmontable. Lorsque vous voyez que votre enfant s’efforce de faire quelque chose qui ne se passe pas comme prévu, prenez du recul et donnez-lui la chance de persévérer. S’il ne parvient pas à surmonter cette difficulté, faites-lui savoir que c’était un défi difficile à relever et que vous êtes fier de lui pour avoir essayé.
- Donnez l’exemple en expliquant à vos enfants que vous travaillez vous-même sur un projet difficile, mais que vous allez persévérer.
- Encouragez-les à devenir plus autonomes. Laissez votre enfant de huit ans aller chercher un article de votre liste dans le passage suivant du supermarché. Laissez votre enfant de trois ans choisir ce qu’il va porter chaque jour (pour vous assurer que ses vêtements sont adaptés à la météo, il est généralement préférable de lui proposer un nombre limité d’options). Laissez votre enfant de six ans tartiner lui-même son pain grillé de beurre.
- Dressez une liste des défis que votre enfant a relevés et affichez-la à un endroit où il pourra la voir. Créez un « bocal des réussites » dans lequel vous glisserez un bout de papier chaque fois que votre enfant se sera habillé tout seul, aura surmonté sa frustration face à une activité tout en continuant à essayer, aura perdu une partie sans faire de caprice et aura félicité son « adversaire », aura réussi une nouvelle gamme à la flûte, ou aura accompli toute autre réussite. Retirez de temps en temps quelques bouts de papier pour rappeler à vos enfants les défis qu’ils ont relevés et surmontés.



