Trois types d’invitations au jeu

Quand mes enfants se plaignent de n’avoir rien à faire, mon réflexe est souvent de leur donner une liste d’idées. Cette liste est souvent rejetée en bloc, même si elle comprend des activités qu’ils aiment faire. Car le problème n’est pas qu’ils n’ont « rien » à faire, mais qu’ils ne se sentent pas inspirés.

Les parents étant nombreux à chercher des idées d’activités pour occuper leurs enfants pendant le confinement, Actif pour la vie a observé un record d’achalandage sur son site Web. Nous proposons en effet beaucoup d’articles, de ressources et d’idées pour faire bouger les enfants. Or, il n’y a pas que les activités menées par le parent. Souvent, les enfants trouvent plus amusantes celles qu’ils ont inventées eux-mêmes.

Pour inciter vos enfants à jouer, vous pouvez donc leur lancer une invitation plutôt qu’une suggestion.

C’est une méthode qu’emploient les éducateurs des centres préscolaires Reggio Emilia, qui mettent l’accent sur l’apprentissage autonome par l’expérience. Dans un billet sur le blogue (version anglaise) Passionately Curious Educators, l’éducatrice préscolaire Tracy Sims, qui applique cette approche, a partagé un résumé très utile des trois types d’« invitations » qu’elle lance aux enfants pour les inciter à apprendre par le jeu.

  • Invitations directes : Ces activités menées par l’adulte aident ou incitent l’enfant à apprendre d’une manière donnée.
  • Invitations implicites : L’adulte dispose du matériel en ayant en tête une activité, mais l’enfant choisit d’utiliser ce matériel à cette fin ou non.
  • Exploration ouverte : L’enfant a accès à du matériel (placé sur une tablette, une table ou dans un panier), mais il n’est pas invité, de manière implicite ou directe, à l’utiliser.

Les éducateurs des centres Reggio Emilia appellent ces invitations à apprendre des « provocations ».

Mme Sims ajoute :

Ces définitions nous poussent à réfléchir aux différentes provocations que nous lançons aux enfants pour les amener à explorer. Nous voulons atteindre un équilibre. Aucun de ces types de provocation ne doit prédominer! S’il y a trop d’invitations directes, l’enfant se sent contraint, et s’il y a trop d’explorations ouvertes, nous avons du mal à appuyer, stimuler et consigner les apprentissages. »

Rappel : il est inutile d’en faire trop

Une leçon que Mme Sims a tirée de son expérience avec ces invitations au jeu : il ne sert à rien de trop en faire. Il vaut mieux commencer doucement, puis ajouter graduellement du matériel et des suggestions en suivant le rythme de l’enfant. Et au lieu d’acheter des jouets ou du matériel coûteux, Mme Sims recommande de récupérer du matériel et des objets, et de trouver de nouvelles utilités aux choses que vous avez déjà.

Comment inviter les enfants à bouger à la maison

Le billet de Mme Sims m’a poussée à réfléchir aux activités qui ont diverti mes enfants le plus longtemps pendant l’interminable confinement. Comme beaucoup de parents, j’ai trouvé difficile de travailler de la maison tout en m’occupant de mes trois enfants. J’ai moi aussi vu l’utilité d’allier les suggestions d’activités précises aux idées plus ouvertes. Voici certaines des invitations que j’ai trouvées efficaces pour inciter mes enfants à bouger pendant la pandémie. Merci de partager celles qui ont fonctionné pour vous!

Invitations directes

  • Pour inciter mes enfants à bouger, je les invite à faire une promenade dans le quartier. Même s’ils grognent au début, après quelques minutes, ils font des courses, sautent par-dessus les fossés, et remplissent leurs poches de trouvailles et de pierres.
  • Ma fille cadette ne dit jamais non à un match de badminton dans la cour – et c’est une bonne façon pour moi aussi de bouger.
  • Si mes enfants n’ont pas envie de jouer dehors, je les invite parfois à jouer à un jeu vidéo actif (les deux plus vieux adorent le jeu de boxe ludique Arms sur la Switch de Nintendo), ou je propose une vidéo de yoga pour enfants à ma fille de sept ans (elle aime Cosmic Kids Yoga).
  • J’ai montré à ma fille de sept ans à disposer des bouteilles de jus vides comme des quilles et à les abattre en faisant rouler une balle, ce qui a donné lieu à plusieurs parties amusantes.

Invitations implicites

  • J’ai montré de vieux pneus et des planches à ma fille de dix ans, en mentionnant qu’ils pouvaient servir à construire une poutre d’équilibre. Elle a passé le reste de l’après-midi à faire rouler les pneus et à placer et déplacer du matériel pour créer ce que nous appelons affectueusement notre « terrain de jeu de dépotoir ». Les trois enfants y jouent maintenant chaque jour : ils grimpent sur les pneus, se tiennent en équilibre et sautent sur les planches, et déplacent les éléments à leur gré.
  • Inspirée par le billet de mon collègue Jim sur les jeux avec des chaussettes, j’ai proposé un match de soccer. Mais dès qu’ils ont appris à fabriquer une balle avec des chaussettes, mes enfants ont commencé à inventer leurs propres jeux. Ma plus jeune a dessiné une cible sur une boîte, et décrété que les tirs spectaculaires valaient le double des points. Nous avons donc eu droit à toutes sortes de lancers créatifs.

À lire aussi :  Comment créer un terrain de jeu risqué


Exploration ouverte

  • Ma cadette a commencé à collectionner les objets qu’elle trouve à l’extérieur et à les exposer soigneusement dans notre cour. Il peut s’agir de n’importe quoi : morceaux de vaisselle échoués sur la rive du lac, pommes de pin, bouchons de bouteille et pierres intéressantes trouvées au bord des routes.
  • J’ai installé un hamac dans la cour, en pensant que les enfants aimeraient y lire. Ils s’en servent surtout comme balançoire géante.
  • Nous avons placé des ballons, une corde à sauter et d’autres jeux simples dans un endroit accessible. J’ai aussi installé un parcours à obstacles Ninja Line entre deux arbres pour occuper mon aventureuse fille de dix ans. À l’intérieur, j’ai posé un mini-panier de basketball peu coûteux, pour que les enfants s’exercent à lancer de petites balles en mousse ou leur collection toujours grandissante de balles en chaussettes.

Pour ma prochaine invitation au jeu, je m’inspirerai de la suggestion de Dawne Clark, professeure en éducation à la petite enfance : créer un jeu de marelle dans le passage menant à la porte d’entrée avec du ruban-cache de peintre. Je suis pas mal certaine que mes enfants m’arracheront des mains le rouleau de ruban pour inventer leurs propres jeux – et c’est tant mieux.

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