Saine, la compétition dans le sport jeunesse?

Saine, la compétition dans le sport jeunesse?

Bien des parents m’ont demandé si je jugeais la compétition saine pour les enfants. Le sujet suscite toujours les débats chez les parents, éducateurs, entraîneurs, psychologues et sociologues. Est-elle saine ou toxique? Mine-t-elle la confiance et détruit-elle des vies? Ou permet-elle aux enfants de comprendre que « rien n’est gagné d’avance »?

J’ai encadré des centaines d’enfants de 5 à 10 ans en tant qu’entraîneur de soccer ces 20 dernières années, et j’ai aussi participé activement à la création et à la gestion de ligues et de compétitions visant à optimiser le développement des jeunes joueurs. Voici ce que j’ai constaté :

La compétition n’a aucune raison d’être pour la plupart des enfants de moins de sept ou huit ans. C’est aussi simple que ça. Avant cet âge, la plupart des enfants apprécient plus un simple jeu de tague qu’une compétition dans un sport organisé.

Je dis « la plupart » intentionnellement. Certains d’entre eux comprennent le principe des compétitions et souhaitent y prendre part, mais il s’agit d’une exception.


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Est-ce que cela signifie que les sports compétitifs sont malsains ou inadéquats pour ces enfants? Pas forcément. D’abord, ça dépend de l’enfant. Ensuite, je crois qu’il faut poser une autre question. Si les jeunes enfants ne comprennent pas le principe de la compétition, pourquoi pratiquent-ils un sport?

La réponse : parce qu’ils s’amusent.

S’amuser est la principale raison pour laquelle les enfants pratiquent un sport. Quand un enfant compte un but au soccer ou marque un panier au mini-basketball, il est heureux et il s’amuse. Il prend part à une activité compétitive et il en retire du plaisir, même s’il ne vise pas un trophée.

Il se sent bien parce qu’il a tenté de mettre en pratique une habileté et qu’il y est parvenu. J’ai vu des centaines d’enfants vivre semaine après semaine de telles expériences gratifiantes. Ils en sont venus à aimer leur sport, et c’est ce qui les motive à continuer de le pratiquer à l’adolescence et après.

La conclusion? La pratique d’un sport compétitif organisé à un jeune âge peut être parfaitement saine, pourvu qu’elle soit amusante. Après tout, il est prouvé que la principale raison pour laquelle les enfants font du sport, c’est pour s’amuser. Évitons en tant qu’adultes de gâcher leur expérience, par exemple en tolérant les parents qui perdent les pédales ou les entraîneurs tyranniques.

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