
Comment élever un athlète olympique : conseils aux parents de sportifs
À chaque fois que se déroulent les Jeux olympiques, nous entendons des récits captivants sur le parcours des athlètes depuis leur enfance. Ils parlent des défis liés à l’entraînement et à la compétition, des blessures qui risquaient de les arrêter dans leur élan et, surtout, des parents qui les ont soutenus tout au long de leur parcours.
Pour de nombreux parents, cela peut soulever la question suivante : notre enfant pourrait-il devenir un athlète olympique? S’il montre de l’intérêt pour un sport ou une activité, devrions-nous faire quelque chose de plus pour l’encourager?
Tout commence par la littératie physique
Si nous voulons donner à nos enfants une chance de devenir des athlètes olympiques, le meilleur conseil pour les parents est de commencer à la base. Tous les athlètes olympiques ont commencé par développer des compétences physiques de base pendant leur enfance. Dit simplement, cela revient à développer les habiletés motrices fondamentales, la confiance en soi et l’amour du mouvement afin d’être physiquement actif toute sa vie.
Les parents ont un rôle important à jouer à cet égard. En offrant à nos enfants les bonnes occasions de jouer activement et de faire de l’activité physique lorsqu’ils sont petits, ils commenceront naturellement à développer des habiletés physiques de base.
Promouvoir les bases
Au cours des années préscolaires, nous devrions commencer par créer des occasions et des environnements qui encouragent nos enfants à explorer le jeu libre actif. Nous devrions leur permettre de choisir et de diriger leur jeu autant que possible, qu’il s’agisse de grimper aux arbres, de se balancer sur la cage à singes ou d’inventer leurs propres règles pour un jeu avec un ballon. Ce type de jeu non structuré les aide à développer les piliers de la littératie physique (anglais) : agilité, équilibre, coordination et vitesse.
Ces quatre capacités sont essentielles au développement de la littératie physique. Si nous faisons de notre mieux pour que nos enfants courent, sautillent, sautent, grimpent et se balancent, ils développeront naturellement les bases.

Encourager les mouvements fondamentaux
Au cours des années d’école primaire, nos enfants doivent acquérir les mouvements fondamentaux. Il en existe des dizaines. Courir, sauter, lancer, frapper et attraper sont parmi les plus évidents.
Les habiletés motrices fondamentales sont importantes, car elles constituent les bases d’activités physiques et sportives plus sophistiquées. Combinez-en quelques-unes et vous voilà soudainement en train de jouer au baseball, au soccer ou au tennis, de pratiquer le taekwondo ou de danser sur scène.
À mesure que nos enfants gagnent en confiance dans les habiletés motrices de base, nous pouvons nous assurer qu’ils sont progressivement initiés à des programmes plus structurés d’activité physique et de sport, où ils ont davantage d’occasions de développer des habiletés motrices plus fondamentales. Grâce à un bon mélange d’activités, nos enfants auront développé suffisamment d’habiletés motrices fondamentales et de confiance en eux à l’âge de 11–12 ans pour être considérés comme physiquement alphabétisés.
Se spécialiser au bon moment peut mener au succès
À mesure que leurs aptitudes physiques s’améliorent et qu’ils commencent à montrer un certain talent dans un sport ou une activité en particulier, nos enfants peuvent avoir la chance de suivre un parcours de haute performance. S’ils rêvent de devenir joueurs de hockey ou patineurs artistiques olympiques, nous voulons sans doute les soutenir dans leur choix.
Mais quand faut-il les laisser se spécialiser dans leur sport ou leur activité préférée afin qu’ils aient les meilleures chances de devenir un jour des compétiteurs de haut niveau?
Trop souvent, dans la plupart des sports, les enfants sont poussés à se spécialiser trop tôt. Trop d’entraîneurs et de parents les incitent à se concentrer sur un seul sport bien avant leur entrée à l’école secondaire, convaincus qu’ils « rateront leur chance » s’ils ne le font pas. L’idée est qu’ils ont besoin de prendre de l’avance dès leur plus jeune âge en consacrant davantage d’heures à leur sport, même au risque d’exclure d’autres sports, activités scolaires et activités sociales. Cela peut entraîner des blessures liées à une pratique excessive et un épuisement mental et émotionnel.
Adopter une vision à long terme
Si nos enfants choisissent un programme sportif de haut niveau à l’adolescence, nous devons les soutenir en adoptant une vision à long terme sur tous les aspects de leur croissance et de leur développement : physique, mental, émotionnel et social. C’est l’approche adoptée dans le développement à long terme de l’athlète(DLTA).
L’approche DLTA examine attentivement les entraînements et les compétitions adaptés au développement des enfants et des jeunes à chaque âge et à chaque étape de leur développement physique, mental, émotionnel et social.
L’un des principes fondamentaux du modèle DLTA est que les enfants ne devraient pas s’entraîner et participer à des compétitions comme les adultes. Pourquoi? Parce que les capacités physiques, mentales et émotionnelles des enfants et des adultes sont très différentes. Ce qui convient aux adultes ne convient généralement pas aux enfants en raison des différences évidentes dans leur développement musculosquelettique, cognitif, émotionnel et social.
Un autre principe clé du DLTA est que les parents et les entraîneurs ne doivent pas se focaliser sur les résultats à court terme des adolescents dans les compétitions. Ils doivent plutôt se concentrer sur un bon encadrement et des formats de compétition qui favorisent le développement à long terme des compétences et des attitudes mentales et émotionnelles qui seront nécessaires plus tard, lorsque la victoire commencera vraiment à compter.

Les gènes jouent-ils un rôle?
Les gènes peuvent être un sujet délicat dans le sport, et dans la vie en général. Les enfants ont-ils besoin d’un profil génétique particulier pour devenir des athlètes olympiques? La réponse est complexe. C’est oui, non, en quelque sorte, et cela dépend.
Dans son livre « The Sports Gene », publié en 2012 et classé parmi les meilleures ventes du New York Times, David Epstein présente des recherches et des preuves provenant du monde entier sur le rôle que joue la génétique dans le sport. Pour gagner, suffit-il d’avoir les bons gènes? Ou n’importe quel enfant peut-il devenir champion du monde s’il s’entraîne suffisamment?
Il en ressort une image intéressante mais complexe. Si le mélange optimal entre nature (gènes) et culture (entraînement et environnement) varie d’un sport à l’autre, la tendance générale est que le talent athlétique est un mélange des deux.
Nous ne pouvons pas contrôler la génétique de nos enfants, mais nous pouvons nous assurer qu’ils bénéficient d’un bon encadrement et d’un bon programme d’entraînement. Une fois cela fait, nous pouvons les laisser profiter de leur expérience et voir où cela les mène.
Littératie physique et développement physique
En plus d’un bon encadrement, de programmes de qualité et peut-être d’une certaine prédisposition génétique, les progrès des enfants dans leur sport ou leur activité reposent en grande partie sur leur développement physique, un processus complexe souvent négligé et mal compris.
Le développement physique est différent de la croissance physique. Les deux sont étroitement liés, mais la simple croissance physique au fil du temps ne garantit pas le développement.
Généralement, le développement physique correspond à la combinaison de la croissance, de la maturation et du développement des habiletés motrices pendant l’enfance. C’est l’intégration et la coordination du cerveau, des muscles et de la conscience sensorielle.
Selon la qualité de l’entraînement et des programmes, nos enfants peuvent présenter un développement plus ou moins marqué de leur coordination, de leur équilibre et de leur agilité par rapport à leurs pairs au fil du temps.
Cela dépendra en partie de l’attention accordée aux périodes critiques du développement pendant l’enfance et l’adolescence, alors qu’ils sont entraînés dans leur sport ou leur activité. Par exemple, des recherches suggèrent qu’il existe des périodes sensibles pour le développement de capacités physiques telles que l’endurance et la force. Cela signifie que, lorsqu’il est effectué au bon moment, l’« entraînement » actif de ces capacités produit de meilleurs résultats. Avant ces périodes, il n’a que très peu d’effet.
La meilleure voie vers les Jeux olympiques : ne vous en faites pas, soyez heureux
Il existe une multitude de facteurs qui déterminent si nos enfants participeront un jour aux Jeux olympiques. Plutôt que de pousser nos enfants à se spécialiser tôt ou de transformer leurs jeux et leurs activités physiques en tâches laborieuses, nous devrions nous concentrer sur leur plaisir à pratiquer leur activité grâce à un bon encadrement et à un programme adapté.
Si nous suivons cette approche, nous pouvons être sûrs que le processus naturel de développement qui s’ensuivra les mènera vers leur objectif. Ce sera peut-être les Jeux olympiques, ou peut-être pas. Mais nous pouvons être confiants qu’ils auront acquis les bases nécessaires dans le domaine du sport et de l’activité physique, et c’est la meilleure façon pour tout parent de soutenir son enfant.





