Éducation physique au terrain de jeu : Comment organiser une course à obstacles

Partout dans le pays, les enseignants partagent un même sentiment—il est exceptionnellement difficile d’enseigner l’EPS pendant une pandémie!

À mon école primaire, il n’y a qu’un accès limité au gymnase, aucun accès aux équipements de sport, et des directives claires qui limitent le contact physique des élèves. La plupart de nos jeux et activités habituels comme le tague ou les sports d’équipe comme le basket-ball ne sont pas possibles.

Nous devons donc trouver des solutions créatives pour aider les élèves à continuer à développer leurs habiletés motrices fondamentales de manière significative, tout en gardant leur concentration et leur motivation.

Pour ma classe de jeunes de 9 à 11 ans, nous avons trouvé une solution simple : dans le terrain de jeu de l’école, nous avons créé ensemble une course à obstacles pour développer nos habiletés de mouvement.

Voici ma recette pour une unité d’éducation physique en période de pandémie, qui intègre la littératie physique, le design appliqué et le fun.

Cette unité peut apporter un objectif et un thème à votre classe d’éducation physique en plein air, en encourageant les élèves à être actifs et à travailler ensemble pour développer leurs compétences physiques.


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Commencez par les habiletés motrices de base

Donnez aux élèves la possibilité d’explorer différemment les équipements en leur demandant de trouver différentes façons dutiliser les espaces de jeu

Vous pouvez leur demander de choisir trois endroits différents dans le terrain de jeu d’où ils peuvent sauter, où ils peuvent sauter sur ou sauter sur un pied. Vous pouvez les mettre au défi de trouver trois endroits où ils peuvent se garder en équilibre tel qu’un banc ou à la base de la glissoire.

Demandez aux élèves à tour de rôle de démontrer des habiletés motrices de base comme 

  • Sauter (en ligne droite, sauts latéraux, saut à distance, saut de différentes hauteurs)
  • Se tenir en équilibre (en marchant, en se tenant debout, en se tenant sur une jambe)
  • Escalader (monter, descendre)
  • Passer sous quelque chose
  • Passer à travers quelque chose
  • Passer par-dessus quelque chose

Soyez créatifs en utilisant les équipements

Un banc n’est pas forcément fait pour s’asseoir. Il peut être un endroit d’où on peut sauter.

On peut ramper comme un ours sur la glissoire ou grimper le poteau au lieu de le descendre.

On peut aussi utiliser des équipements ordinaires pour des activités diverses, comme

  •  Se tenir debout et se tenir en équilibre sur une planche à ressort ou une bascule
  • Ramper sous les balançoires
  • Essayer de faire de longs sauts à partir de la cage à grimper
  • Faire la planche sur le banc

Donnez un objectif aux élèves

Si vos élèves sont comme les miens, ils ont probablement déjà relevé toutes sortes de défis créatifs sur le terrain de jeu. Il est maintenant temps de lancer un nouveau défi, celui de créer une course à obstacles que le reste de la classe pourra essayer.  

Expliquez à vos élèves exactement ce que vous voulez qu’ils fassent, quel est le périmètre de jeu, et les règles qu’ils doivent respecter.

Par exemple, la course à obstacles doit avoir un point de départ et d’arrivée bien définis. Le parcours doit suivre une direction déterminée, et chaque point d’arrêt devrait demander un changement d’activité. Les élèves doivent rester dans une zone définie, et les équipes doivent essayer d’être aussi créatives que possible avec l’équipement, en envisageant différentes façons d’utiliser l’équipement.

D’autres critères possibles sont d’inclure une courte liste de mouvements particuliers ou d’inclure des variations qui permettent aux étudiants ayant des difficultés de mobilité de participer. 

Effectuez des tests et des essais

Dans notre classe, les élèves travaillaient en petits groupes de 2 ou 3 personnes, mais des groupes plus grands de 4 ou 5 enfants pouvaient aussi bien fonctionner.

Après avoir conçu leur course, les groupes de ma classe se sont lancés des défis les uns aux autres, en ajoutant et en adaptant des activités pour les rendre plus difficiles ou plus faciles. Ces tests et essais leur ont également permis de modifier leurs attentes. 

Faites des liens avec le STIM

Vous pouvez également intégrer un peu de mathématiques et d’art dans votre unité de cours, en particulier pour les élèves plus âgés. Ils peuvent par exemple créer un croquis avec une vue à vol d’oiseau du terrain de jeu, tout en tenant compte du périmètre, de l’aire, et comment dessiner les différents équipements.

Vous pouvez même utiliser des images satellites de Google Earth pour vous aider à concevoir le plan.

Les élèves peuvent ensuite indiquer sur leurs croquis où chaque activité se déroulera, en le marquant d’un numéro, par exemple.

Pour les élèves plus jeunes, vous pouvez omettre cette partie et créer vous-même un modèle du terrain de jeu que chaque groupe utilisera et marquera avec les directives pour leur course à obstacles.

Vous pouvez aussi prendre des photos des élèves en train de faire chaque activité et coller ces images sur le plan près de la zone du terrain de jeu où ils doivent se trouver.


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Introduisez-le dans les autres classes

Pourquoi ne pas lancer un défi à tous les enfants de l’école?

Dans notre classe, les élèves ont suivi soit une course à obstacles de niveau primaire pour les enfants âgés de 5 à 8 ans, soit un parcours de niveau intermédiaire pour les enfants âgés de 9 à 12 ans (vous pouvez l’adapter en fonction des âges des élèves de votre école), et les enfants ont travaillé ensemble pour modifier leurs courses afin de les adapter aux niveaux requis.

Nous avons ensuite conçu une seule version, la plus amusante, de la course pour les niveaux primaire et intermédiaire, un mélange des meilleures idées de chaque groupe, et nous avons lancé un défi à différentes classes pour qu’elles essaient notre course à obstacles.

Après avoir guidé les autres classes à travers notre course, en expliquant et en démontrant chaque station, nous avons laissé une copie des courses à chaque enseignant, afin qu’ils puissent faire l’activité pendant leurs périodes d’éducation physique en plein air.

Nous avons vu les élèves s’entraîner et pratiquer leurs compétences dans le terrain de jeu tout le temps—avant l’école, à la récréation, à midi et après l’école, en essayant toujours d’améliorer leur vitesse et leurs compétences.

Ainsi, pour certaines classes, le temps passé à l’extérieur avait maintenant un objectif précis, avec de l’apprentissage, du travail d’équipe, de l’activité physique et, surtout, beaucoup de plaisir. 


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Allez plus loin : organisez une compétition au niveau de l’école

Maintenant que vos élèves ont trouvé tant de façons de bouger, pouvez-vous faire participer toute l’école? Peut-être que chaque classe pourrait créer une course à obstacles à partager avec les autres classes.

Ou bien, chaque classe pourrait organiser une compétition pour trouver son meilleur compétiteur qui avancera pour concourir avec les autres pour le meilleur temps?

Les options ne s’arrêtent pas là et cela pourrait être une chance de faire bouger toute l’école et de collaborer à un objectif commun.

Amusez-vous bien! 

Marta Orellana enseigne aux élèves les plus âgés d’une école primaire de North Vancouver, en Colombie-Britannique, où l’éducation physique est généralement donnée par les titulaires de classe plutôt que par des spécialistes.

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